Une journée sans entracte avec Cathy Immelen

Le jour le plus long, Un jour sans fin, 48 heures par jour… Auquel de ces films comparer la vie de l’animatrice de Tellement ciné? A tous peut-être.

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Bruxelles, vendredi à 10 heures du matin. Le cœur de la capitale est calme et le piétonnier du boulevard Anspach, pratiquement désert. Un pourcentage conséquent de travailleurs fait le pont de l’Ascension. Pas Cathy Immelen. Une pause dans le travail? La présentatrice de Tellement ciné ne connaît pas. Un café encore brûlant à la main, elle se presse pour nous rejoindre devant l’entrée de l’UGC, place de Brouckère. « Ça ne vous dérange si j’en grille une rapidement avant d’entrer?, demande-t-elle. C’est la folie en ce moment, avec Cannes et tout ça, je n’arrête pas une seconde. Cette année heureusement, on y va en TGV. Ça me soulage un peu parce que je suis horriblement stressée dans l’avion. Si je ne prends pas des anxiolytiques, impossible d’embarquer! » Pour suivre Cathy Immelen, aussi énergique qu’une Duracell, mieux vaut avoir bien dormi.

Mal de dos et psychanalyse

Pas le temps de traîner, nous pénétrons dans la salle de cinéma déjà plongée dans l’obscurité. À peine le temps de s’installer que le film est lancé. Au programme: Money Monster, le dernier Jodie Foster avec George Clooney et Julia Roberts. Cathy Immelen ramène ses genoux contre son buste et pose ses pieds sur le siège… Plutôt inconfortable comme position? « Justement non, ça soulage mon mal de dos. Que ce soit au cinéma ou au bureau, on est souvent assis dans ce boulot et les vertèbres ne l’encaissent pas très bien. Mais oui, c’est aussi une sorte de tic qui ne m’a pas quitté de l’enfance. Je me sens comme dans un cocon. Il y a sûrement un peu de psychanalyse à effectuer derrière ça… » Au bout de 1h39 de visionnage, verdict: pas terrible. « Dommage. L’idée de départ est très bonne mais la réalisatrice nous égare en cours de route. Elle peut mieux faire. »

Midi moins le quart, de retour sous le soleil. L’estomac commence à gargouiller mais Cathy Immelen risque d’être en retard. Elle mangera en conférence de rédaction, comme souvent. Pour arriver à Reyers, il faut prendre le métro une dizaine de minutes, changer et emprunter un tram. Pas de chance, il y a des travaux sur la ligne. Notre guide grimace. « C’est de ma faute. J’étais enfin décidée à passer l’examen de conduite mais mon permis théorique a expiré entre-temps. Mais cette fois, c’est la bonne. Après Cannes, je m’y mets pour de bon et fini les transports! »

De Télétourisme à Tellement ciné

Lorsque Dieu créa la Terre, il se reposa le septième jour. Cathy Immelen, elle, n’arrête jamais vraiment de travailler. Ses journées de repos, elle les passe à regarder des films… pour le boulot. Mais elle ne s’en plaint pas. Qui oserait à sa place? Le parcours de la Liégeoise au sein du service public ressemble au scénario d’un feel good movie. Après un stage apprécié pour Télétourisme en 1999, la RTBF lui propose d’animer le magazine Screen en compagnie d’Hugues Dayez, la bible maison du cinéma. À 22 ans, Cathy creuse progressivement son trou dans le petit monde du cinéma et devient, onze ans plus tard, en 2013, la présentatrice de Ciné Station. « À vrai dire, j’étais un peu frustrée par ces deux émissions. L’objectif de Screen était d’être le plus exhaustif possible. On parlait de toutes les sorties cinéma, mais jamais en profondeur. Ciné Station, c’était essentiellement du blabla autour d’une table. Ça manquait de ce qui fait pour moi le sel du cinéma: le son et l’image. Donc, je me suis dit: « Pourquoi ne ferait-on pas une seule vraie bonne émission hebdomadaire qui reprendrait le budget des deux autres…? » et ça a été accepté par la direction! » Résultat: le 3 février 2015, Tellement ciné voit le jour. « Cette émission, c’est la projection à l’écran de ma personnalité. Ce sont mes films, mes musiques. On peut dire que c’est mon bébé, même si je trouve cette expression un peu vilaine. »

La suite dans le Moustique du 25 mai 2016

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