Michel Polnareff séduit sur scène

Jovial,  particulièrement bien en voix et n'ayant peur de rien, L'Amiral a conquis le Zénith de Lille, et l'envoyé spécial de Moustique,  ce jeudi. Il ouvrira les Francofolies de Spa le 19 juillet avant de  revenir à Forest National le 18 novembre.

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Non, Michel Polnareff,  72 ans ce 3 juillet, n’a rien dévoilé de son nouvel album qu’on n’ose même plus espérer cette année. Oui, il reste ce pianiste onirique hors pair, ce chanteur qui « pleure des larmes de verre » avec ses mini-symphonies pop et surtout cet Artiste avec un grand « A » refusant le compromis et le politiquement correct.  Qu’on se le dise, Polnareff sur scène en 2016, c’est une version au piano, épurée et belle à pleurer, de Lettre à France,  mais aussi une version karaoké d’On ira tous au paradis avec un accordéoniste un peu beauf, façon Chansons à la carte. Et finalement, c’est cette folie du grand écart des genres et des époques qui séduit le plus dans ce nouveau spectacle de deux heures chrono mené par un Amiral en grande forme, ses sept musiciens et ses quatre choristes.

Lancée avec un a priori plutôt négatif fin avril à Epernay, la nouvelle tournée de Michel Polnareff suscite les commentaires les plus élogieux, partout où elle passe. « Partout » ce jeudi soir, c’est au Zénith de Lille, aux portes de la Belgique qu’il visitera à deux reprises: le 19 juillet aux Francofolies de Spa sur la scène  Pierre Rapsat et le 18 novembre à Forest National. Dans l’amphithéâtre lillois, et contrairement à ce qu’affirmait de manière sournoise un journaliste du Nouvel Obs, le public n’a pas toujours « le même âge que la setlist« . Il y a, bien sûr, des fans de la première heure, mais aussi une nouvelle génération qui l’a découvert plus récemment, via Podium, Radio Nostalgie ou The Voice.

Le Miche ne lésine pas sur les moyens. Grosse prod’, gros son, grosses guitares électriques (notamment celle du hero Tony Mc Alpin),   grosses lumières…  C’est sans doute une question de goût, mais c’est dans les moments les plus intimes que Polnareff nous donne le frisson.  L’homme qui pleurait des larmes de verre (avec, eh oui, des larmes de verres qui gouttent sur un rideau), Qui a tué Grand Maman? (avec un arbre virtuel qui traverse les quatre saisons), Lettre à France et son intro majestueuse, Holidays où la voix est impressionnante, le toujours impeccable  Goodybe Marilou suscitent une émotion palpable.

D’autres classiques sont reliftés « à l’instinct » du maestro. Et ça passe ou ça casse.  Un peu de funk, un peu d’opéra (l’épouvantable Où est la Tosca exhumé de « Bulles » en 1981 ), une version à rallonge du faiblard Ophélie des flagrants délits, du rock seventies et aussi des trucs que plus personne n’oserait. Digne d’une fançy-fair, Y’a qu’un cheveu (sur la tête à Mathieu) s’impose ainsi comme un beau moment d’interactivité avec le public.  Même réduite à sa plus simple expression, Ame câline reste impérissable, tout comme Le bal des Laze, synthèse parfaite de pop et de baroque qui bénéficie d’un habillage visuel  à rendre jaloux Mylène Farmer. Mieux encore, il ose et réussit un magnifique hommage à Prince avec un extrait de Purple Rain, sur fond de logo « Love symbol » et de lumières pourpres. Au total, Polnareff joue vingt-cinq morceaux. Il interpelle les gens, sourit,  lance des vannes, est visiblement heureux d’être là et  se montre touché par les réactions de ses « moussaillons ».  Que demander de plus?  Un petit souvenir peut-être. Le « Polnapack » comprenant perruque et lunettes blanches coûte 20 euros. Yep, ça nous change du Mug Johnny Hallyday « made in China » ou de l’oreille brodé Frédéric François.   S’il n’a pas chanté L’amour avec toi au Zénith, Michel Polnareff en a retenu les paroles. « Moi je me fous de la société et de sa prétendue moralité… » Bien vu.

PHOTO Cyril Moreau / Best Image.

 

 

  

 

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