Le rap secoue les serres du Botanique

Les basses  ont bien pété grâce aux prestations enflammées de Jean Jass, Caballero, TSR et Jazzy Bazz. Un joli succès de foule aussi...

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Dans l’enceinte des Nuits Botanique, les soirées filent et ne se ressemblent pas. Il est 19h30 à peine ce jeudi et voilà que les vitres des serres de ce lieu mythique du centre de Bruxelles tremblent déjà à tout rompre. Les infrabasses et leurs vibrations annoncent la couleur d’une soirée rythmée par le flow des MC’s, du côté du chapiteau du moins, qui trône fièrement au cœur des jardins du Botanique.

C’est à Jean Jass et Caballero que revient la lourde tâche d’ouvrir les festivités et de poser la structure de l’ambiance de la soirée. L’un est Carolo, l’autre Bruxellois, chacun a roulé sa bosse de son côté avant de penser duo et d’unir leurs forces sur le projet « Double Hélice », qu’ils présentent à l’assemblée. Manifestement ravie de venir les applaudir, la foule de casquettes est arrivée à l’heure. L’âge moyen ne dépasse pas celui du premier job, et pour certains, celui du premier concert. Déjà venu pour backer le show d’Alpha Wann l’avant-veille, Caballero, sa barbe fournie et son tee-shirt à l’effigie de l’album prend la pole position lors des premiers titres, rattrapé timidement par un Jean Jass plus subtil. Préférant la délicatesse à la puissance vocale, le rappeur d’Exodarap brille malgré sa retenue. Il le prouve notamment en solo sur Mes Jambes, repris en chœur par l’assemblée. Pris par l’ambiance après la venue de quelques guests, un « Moïse » avec la foule et un bon gros morceau de Kendrick Lamar, les deux MC’s se laissent vite rattraper par le chrono du festival lors du bien nommé Repeat et résistent à la nécessité de quitter la scène malgré les rappels d’un membre du staff passablement énervé par le retard qui s’accumule. Un bon moment sans être transcendant.

Deuxième partie de soirée, vient le moment d’accueillir Jazzy Bazz, l’un des membres du prolifique collectif parisien l’Entourage. Accompagné de son pote Esso Luxueux, le MC a vu les choses en grand. Batterie, guitare,… Chose assez rare pour le signaler, le rappeur a décidé d’agrémenter son show d’un live band en plus de son DJ. Sur le papier, la formule est attrayante. Le résultat, lui, laisse à désirer. Rien à voir avec les prestation du groupe ou de Jazzy Bazz, efficaces et acérées, mais la faute est à chercher du côté de l’ingé son qui a complètement foiré les retours et saturé les micros. Et malgré toute l’énergie déployée par le rappeur, difficile de se concentrer sur les morceaux tant l’acoustique fait saigner nos oreilles. On retiendra tout de même l’excellente prestation lors de Fluctuat Nec Mergitur en hommage aux attentats de Paris, son amour de supporter avec Ultra Parisien, sa possession de la scène, très naturelle, et enfin quelques perles sorties de sa mixtape « Sur la route du 3.14 ».

Derrière, les membres de TSR, tête d’affiche de la soirée, pressent déjà le pas pour rameuter les spectateurs partis se rafraîchir le gosier sur les marches du Botanique. Le chapiteau se rempli plus lentement cette fois, mais les trois MC’s et leur DJ prennent le temps de construire l’ambiance, phase après phase, sans démonstration de force. Habillés à l’ancienne, jogging et capuche sur la tête, le trio du 18ème prône un rap old-school et particulièrement prenant. Matures, les membres du crew que leade Hugo TSR ont l’habitude de la scène et le prouvent sans jamais en faire trop, déroulant leurs meilleurs morceaux les uns après les autres comme le proposerait un trois étoiles avec ses plats. Ajoutez à ça un son plus qu’acceptable et vous obtiendrez le mélange parfait pour une soirée forte en beats, malgré quelques déconvenues techniques.

PHOTO: CHARLOTTE BIDEE

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