Les Belges enchantent les Nuits (1)

La complicité de Victoria + Jean, les envoûtants Soldier’s Heart et les psychés-délurés de Robbing Millions ont fait vibrer la salle intimiste du Bota.

bota

 

Les guitares crissent, les voix s’époumonent à la limite de la rupture, les artistes transpirent dans une décharge d’énergie passionnelle… Victoria + Jean est un duo qui détone. Un trio en fait, puisque derrière les deux principaux protagonistes, le claviériste David Baboulis (échappé de Soldout) habille rythme et habille les mélodies d’arrangements sonores vertigineux. Du vertige, c’est précisément ce que l’on ressent par moment devant ce cocktail explosif. Jean semble la jouer un eu perso sur certains solos de guitare où il décolle seul aux commandes. Au chant, à la gratte ou avec… un bidon d’essence, la Suédoise est plus mesurée que son comparse. Plus juste aussi. Dans cette tornade de décibels, c’est elle qui maintient l’appareil en vol et évite le crash quand son copilote en fait trop.

Le quintet flamand Soldier’s Heart prend la relève. Et c’est la claque! Le public – masculin surtout – est subjugué par la présence scénique et la voix envoûtante de la chanteuse, Sylvie Kreush. Le collectif anversois, révélé en 2013 avec le single African Fire, communique une irrésistible envie de bouger, de fermer les yeux et de se laisser bercer sur des vagues électro-pop tantôt aériennes, tantôt plus rythmée. Sur scène, les cinq membres sourient et se font plaisir. C’est frais, c’est jeune et ça fait un bien fou! À voir absolument aux Ardentes le 7 juillet prochain.

On change d’atmosphère avec Robbing Millions. Le groupe bruxellois surfe sur la vague du revival pop psychédélique. Impossible de ne pas faire le parallèle avec Kévin Parker, le chanteur de Tame Impala, tant la ressemblance est frappante sur certains morceaux. Mieux vaut ne pas s’engager dans un processus comparatif avec le groupe australien, référence du revival psychédélique. Robbing Millions a trouvé sa propre recette en ajoutant des soupçons de jazz ou de rock et, surtout, une bonne dose d’humour à ses compositions. Aspergeant le public des paillettes bleues, de ballons de baudruches customisés et de… laines d’acier. L’assemblée se prend au jeu, se risquant même à l’un ou l’autre pogo et finit par exulter sur Tenshinhan, géniale ballade à l’ascendance folk. On est curieux de découvrir le deuxième album à paraître cet été.

PHOTO CHARLOTTE BIDEE

 

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