Alex Vizorek – La vie est belge

À l'antenne de France Inter, sur La Première, La Une et sur les planches surtout, l'humoriste est partout. Il ne sait pas dire non, et ça lui réussit bien.

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« Vous n’avez pas une chute? » Après avoir interrompu Alex Vizorek pendant toute sa chronique sur France Inter en réfutant chacune de ses informations, Gilbert Collard, le Président du comité de soutien de Marine Le Pen, s’amuse de son tacle, comme un gosse morveux se satisferait d’avoir démoli le château de sable de son voisin d’un coup de pied. Mauvais souvenir pour le chroniqueur belge, c’est d’ailleurs la seule fois où il a rendu les armes, clôturant son intervention prématurément par « on estimera que c’est de la censure. » Pourtant, l’humoriste est rompu aux jeux des politiques. Marine Le Pen, Michel Sapin, Emmanuel Macron, Jean-Marie Le Guen… Tous sont passés sous la fourchette de ses aphorismes, sur le plateau du 7/9 de Patrick Cohen, où il livre un billet chaque mardi. Sans fil rouge ni axe imposé. Seule constante, une approche différente des francs tireurs à la Stéphane Guillon. « Ce qui me plaît, c’est de pouvoir déstabiliser les invités. Je ne suis pas frontal, mais j’aime emprunter des chemins secondaires pour ensuite retourner leur rhétorique. »

Sa verve, il l’affûte au fil de ses interventions, face à des personnalités drillées à l’exercice médiatique. « Ça n’a rien à voir avec la Belgique, où les politiques sont encore plus ou moins naturels. En France, ils sont coachés à mort. » Et il faut savoir s’adapter. Zigzaguer pour démonter, comme avec Arnaud Montebourg, aussi doué qu’un pilote de rallye pour éviter les nids de poule: « Lui, c’était vraiment particulier. Sur le plateau, il se marrait à retardement, mesurant chaque mot. Il savait exactement quand il devait rire et quand il ne devait pas. » Une récréation qui prend beaucoup de place sur le papier, mais qui s’affiche comme une pichenette dans son emploi du temps hebdomadaire. C’est qu’Alex Vizorek, du haut de ses 34 ans, est un homme occupé. En première place sur le podium de son planning, on trouve évidemment son émission quotidienne sur France Inter toujours, Si tu écoutes j’annule tout, en duo avec sa compatriote préférée, Charline Vanhoenacker, qui ne manque pas de qualificatifs pour le décrire. « C’est un bonheur de travailler avec lui, parce qu’il est très facile à vivre, et j’en sais quelque chose puisqu’on passe notre vie ensemble. Il est toujours d’humeur égale, toujours souriant. » 

La suite dans le Moustique du 18 mai 2016

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