AC/DC impérial à Werchter

Obligée de sortir de sa zone de confort, la formation australienne a séduit avec un répertoire relifté, un Angus déchaîné  et un Axl Rose particulièrement en voix.

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Les quelques 7.000 personnes qui ont demandé à se faire rembourser pour le concert d’AC/DC ce lundi à Werchter peuvent le regretter. Non seulement, ils ne verront sans doute plus jamais en live la formation australienne,  mais ils sont passés aussi à côté d’un concert qui ne ressemblait pas à ceux des tournées précédentes. Orphelin de son chanteur Brian Johnson pour les dates européennes de cette Rock Or Bust World Tour, décimé par les défections antérieures  du guitariste Malcolm Young et du batteur Phil Rudd,  AC/DC a réussi à surmonter les épreuves en soignant sa setlist et en mettant la musique à l’avant-plan. Le groupe peut aussi toujours compter sur son guitariste en short Angus Young qui, à 61 ans, a encore multiplié les exploits  ce lundi devant 60.000 personnes en y prenant visiblement du plaisir. On ne peut pas croire que ce mec-là tourne uniquement pour l’argent.

Mais dès les premières notes de Rock or bust, c’est pourtant vers le milieu de la scène que tous les regards se fixent et pas vers l’écolier sexagénaire. Assis sur un trône customisé (il y a même des cornes de diable qui lui permettent d’accrocher un essuie et son chapeau), le chanteur « remplaçant » Axl Rose ressemble à un Patrick Juvet  bouffi dans sa veste de cuir et son make-up trop prononcé. Mais il est à l’heure (21h), en voix  et particulièrement blagueur dans ses interventions parlées. « On va vous jouer maintenant une ballade« , lâche-t-il ainsi avant que les premières notes du morceau dynamiteur de rêves Thunderstruck  n’explosent dans les enceintes Marshall. On ne sait si c’est dû à la présence du chanteur de Guns N’ Roses, mais AC/DC puise de manière plus généreuse encore dans ses albums des années 70 enregistrés avec Bon Scott.  « High Voltage » (1976), « Let there be rock » (1979) et « Highway to Hell » (1979) sont visités respectivement à trois reprises.  Ce qui nous vaut notamment des versions de Riff Raff (en rappel) ou Rock and roll damnation que le groupe n’avait plus jouées en Belgique depuis longtemps.

Bloqué dans sa chaise avec son plâtre, Axl est particulièrement impliqué dans un show qui  s’appuie toujours sur les prestations d’Angus sur les devants de la scène et reste vierge d’effets spéciaux durant sa première heure. Il faut attendre le dixième morceau pour voir  la cloche de Hells Bells descendre du plafond et la fin du set pour l’enchaînement des classiques avec toujours ce final époustouflant d’Angus sur Whole  lotta Rosie, Let There be rock et, comme ultime salve, les canons de For Those About To rock (We salute to you).

Les censeurs avaient condamné Axl Rose avant même qu’il ne chante. Les oiseaux de mauvaise augure avaient annoncé de la pluie en ce lundi de Pentecôte. Ils ont eu tout faux. C’est ça la magie du live. C’est ça la magie du rock… Un concert qu’on n’oubliera pas de sitôt. Et pour de bonnes raisons.

 

 

 

 

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