Jack Garratt exalte les Nuits

Seul sur scène, l'Anglais de 24 ans a fait trembler les tribunes du Cirque Royal comme on l'a rarement vu.

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Il y a des signes qui ne trompent pas. Celui de remporter coup sur coup le prix du Brits Critics’ Choice Award puis celui du BBC Sound Of 2016 (comme Sam Smith, Ellie Goulding, Years & Years ou Haim les années précédentes) peut sembler anodin de notre côté de la Manche, mais équivaut pourtant à l’annonce d’un succès quasi assuré. Transposé à la Belgique, c’est un peu comme si Stromae, couplé de Puggy et des Girls in Hawaii adoubaient tous le même artiste, alors que les radios de la RTBF et de la VRT lui décernaient le prix du son de 2016. Autant dire qu’on irait y jeter une oreille. Et c’est exactement ce qu’on a fait ce dimanche soir au Cirque Royal, au coeur des Nuits Botanique.

La dernière fois que l’anglais Jack Garratt avait posé un pied en Belgique pour y donner un concert, c’était le 14 novembre dernier. Au lendemain des attentats de Paris et en prémisse au lockdown total de Bruxelles. C’est peu de dire que l’Orangerie du Botanique dans laquelle il se produisait était clairsemée et fébrile. Cette fois-ci, si l’assemblée était fébrile, c’était pour bien d’autres raisons. Grâce à l’énergie de Martin Luke Brown et de la formation liégeoise d’Ulysse notamment, qui ont chauffé la salle souvent trop sage du Cirque Royal à coups de beats enflammés. Mais surtout au plaisir non dissimulé de découvrir enfin en live l’anglais de 24 ans que tout le monde semble tant aimer.

Et ça n’a pas manqué. Premier constat dès son arrivée sur scène: Jack Garratt porte extrêmement bien son surnom de troubadour électro. Seul aux manettes, l’artiste gère à la fois la batterie, la guitare, le clavier, les loops et le chant. Drôle de spectacle que de voir s’époumoner l’homme-orchestre face à une foule médusée. Et malgré quelques fausses notes en ouverture, barbe-rousse a tôt fait de nous emporter avec lui dans son délire post-dubstep, qui rappelle par moment celui de James Blake, mais aussi des frangins de Disclosure. Mêlant des boucles hypnotiques, à quelques solos de guitares et de jetés de baguettes, Jack Garratt plane au dessus de la foule. Mieux, en construisant ses nappes de son, portées par une voix chaude qu’on entend d’habitude dans des concerts de R&B, le showman lâche un à un les morceaux de son album « Phase » avec l’intensité d’un bluesman transcendé.

C’est peut-être ce parallèle qui poussera d’ailleurs l’un des spectateurs à lui proposer de reprendre Hit The Road Jack de Ray Charles. (Ou peut-être qu’il avait juste envie de profiter du clin d’oeil qu’offre le titre de ce morceau.) Quoi qu’il en soit, au jeu des reprises, mister Garratt est imparable. La preuve encore lors de son mash-up de Craig David et de Justin Timberlake. Le temps passe trop vite lors de sa prestation. Fire, Breathe Life, Chemical,… tous ses morceaux ou presque donnent à nos pieds l’envie de marquer le rythme et l’assemblée ne s’en prive pas, et ce même dans les places assises du Cirque Royal. Halluciné par la foule et la taille du Cirque Royal, Jack Garratt dévoile un talent d’entertaineur en plus de celui d’artiste: chacun de ses intermèdes se finit par une blague. De quoi terminer de ravir les spectateurs de cette nuit survoltée. C’est quand la prochaine fois?

PHOTO: CHARLOTTE BIDEE

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