La folie Puggy aux Nuits

Le trio pop a conquis le Cirque Royal avant de remplir ce soir l'Ancienne Belgique. FaOn FaOn séduit, le phénomène Kaytranada déçoit avec un dj set fainéant

PUGGYKMERON

 

Au-delà des classements (leur nouvel album « Colours » est n°1 de l’Ultratop), de la billetterie (le Cirque et l’A.B. complets ce w-e avant Werchter et Forest National) et de l’airplay (de Classic 21 à NRJ, ils sont partout) dont ils bénéficient, c’est sur scène queles garçons  de Puggy confirment leur statut de groupe belge le plus fédérateur du moment.  L’Anglais Matthew Irons, le Suédois Egil « Ziggy » Franzen et le Français Romain Descampes ont  tout pour plaire. Le talent est là. Les chansons aussi, de même que l’expérience, le physique,  l’attitude et un son en 3D époustouflant. Mais il y a plus encore comme nous avons pu nous en rendre compte ce samedi au Cirque Royal.  Appelez-çà la foi, le professionnalisme, la détermination… Peu importe, le résultat est là.

Quand ils investissent les planches du Cirque,  ils ont la niauque de ceux  qui donnent leur tout premier concert. Ou leur dernier.  Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le show s’ouvre sur la déclaration de foi Fight like you’re fighting. Banane sur les lèvres, bien concentrés sur leurs instruments,  ils donnent tout comme si le reste de leur carrière allait dépendre de ces nonante minutes.  Leur nouvelle configuration scénique, où la batterie est placée devant la scène et non plus dans le fond, permet aussi d’apprécier la grande maîtrise de ces trois instrumentistes. Le reste? Du délire, de la folie, un light-show particulièrement réussi et un répertoire s’ouvrant largement sur le récent « Colours » qui est construit comme une playlist iTunes de chansons feel goodFight you’re fighting, Feel so low, Soul, This time, Lonely town, You are, Change  the colours. Que des tubes. Depuis Indochine le 4 avril 2013 (Black City Tour  Part I) on a rarement vu une telle ambiance au Cirque.

Cette ambiance,  l’attachant duo  FaOn FaOn a pu en profiter en première partie. FaOn Faon, c’est Fanny et Olympia, deux jeunes femmes qui n’ont pas froid aux yeux et qui en veulent aussi. Elles  sont accompagnées sur scène du guitariste de Dalton Telegrame et du bassiste de groupe Le Colisée. L’une est derrière les claviers, l’autre à la batterie. Elles se partagent le chant, savent dérider l’atmosphère et ont de l’imagination.  Entre chanson française décalée, électro et hip-hop, leurs entêtantes ritournelles modernes parlent de chute, de montagne de 8000 mètres à gravir, d’amour sans conditions et de rêves utopiques.  C’est beau, frais, original, poétique, drôle et encore, ça et là,  perfectible notamment dans les enchaînements. Lauréat 2015 du concours « Du F dans le texte », FaOn FaOn  a encore quelques beaux rendez-vous cet été avant de nous dévoiler à la rentrée son premier EP réalisé par Anthony Sinatra (Piano Club, Hollywood Porn Stars).   Ça va devenir big. Very big…

Le Chapiteau affichait bien sûr complet pour le très hype Kaytranada, alias Louis Kevin Celestin. Sur foi de quelques remixes juteux (Beyoncé, MIA, Pharrell Williams), d’une première partie glamour (sur la tournée de Madonna) et de collaborations (Anderson .Paak), ce producteur/dj haïtien établi à Montréal  est devenu le nouveau prince de la nuit. Las! Ce samedi, il s’est montré plutôt fainéant avec un dj set livré en mode « service minimum, je prends l’oseille et je rentre à l’hôtel » .  Dommage. Sorti voici quelques jours, son premier album officiel « 99,9 » est en effet une petite bombe qui malaxe électro intelligente et hip-hop lançinante. Il en a joué -avec sa clef USB- quelques extraits (Drive me crazy, Leave me alone) devant un public qui pourra dire « j’y étais » mais qui espérait sans doute quelque chose de plus consistant.  En deuxième moitié de set, sauvé par la pluie qui retenait les gens à l’intérieur,  Celestin le malin a  eu l’orgueil de soigner ses enchaînements en même temps que le préposé aux lumières se décidait enfin à le sortir de la pénombre. Mais bon, c’était un peu juste. On s’est rattrapé en écoutant à fond son album sur le chemin du retour…

PHOTO PUGGY: VINCENT KMERON PHILBERT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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