Une journée particulière avec Michel Lecomte

Entre conférence de presse et réunion de rédaction, nous avons passé une journée avec le patron des sports de la chaîne publique.

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Mardi 3 mai, le soleil brille au dessus du centre national de formation de football, à Tubize. Un lieu hautement symbolique où la RTBF a choisi d’annoncer sa grille de programmes à l’occasion de l’Euro 2016, qui débute le 10 juin. Pour orchestrer cette présentation, Michel Lecomte, le patron des sports de la chaîne publique. Véritable personnage emblématique de la télévision où il a débuté en 1980, – il aura d’ailleurs les honneurs de 69 minutes Sans Chichis ce jeudi 19 mai -, l’homme est rompu aux événements de ce genre. Aujourd’hui, ceux-ci ont une saveur encore plus particulière pour le journaliste qui prendra sa retraite dans un peu plus de quatre ans.

L’union fait la force

À son arrivée sur les lieux de la conférence de presse qui présente le projet « Bleu Blanc Diables », Michel Lecomte est annoncé par Bruno Deblander (le porte-parole de la RTBF) comme Monsieur Loyal. Une référence qui prend tout son sens au vu de l’attitude du boss qui lance son sujet et accueille tour à tour ses équipes télé, web et radio. Lesquelles viennent présenter leurs propres spécificités. S’il avait été, comme certains journalistes parfois, un mec rempli d’ego qui se la joue perso, Michel Lecomte aurait pu tirer la couverture à lui. Mais cet égoïsme n’a jamais été dans son caractère: « J’ai toujours, malgré l’aspect très personnel voire un peu nombriliste du métier, toujours envisagé le boulot dans sa collectivité: arriver ensemble à faire quelque chose de chouette. »

Faire la différence

Pendant que ses équipes jouent aux stars sur le terrain de foot adjacent face à l’objectif des photographes, Michel Lecomte reste dans le clubhouse, passant des journalistes aux membres de la RTBF encore présents. Un exercice de relations publiques obligatoire: « C’est très important d’entretenir le réseau, de rester à l’écoute de ce qui se dit, d’être attentif à ce qui se vit ailleurs. Il ne faut pas rester dans sa bulle. » Ces petites discussions lui servent encore aujourd’hui pour améliorer le contenu des émissions sportives. À l’heure où la communication devient de plus en plus formatée, où les clubs ne s’expriment plus que via des attachés de presse – “à l’exception du Standard, où on reste ouvert à nos sollicitations en toute circonstance”, Michel Lecomte est conscient de l’importance des bonnes relations: « Nous sommes obligés de trouver des espaces pour réaliser des interviews dignes de ce nom, qui sortent un peu du lot. Ma chance est que des entraîneurs comme Wilmots ou Preud’homme, par exemple, je les ai interrogés quand j’étais jeune journaliste. Ces contacts, plus proches que ceux qu’on peut obtenir aujourd’hui, font que nous avons encore la possibilité de convaincre quelqu’un de venir sur le plateau de La Tribune et de s’y découvrir un peu. Mais ça devient de plus en plus compliqué. » Des invités de marque qui font la différence  avec ce que produit la concurrence. Même si, fairplay, le boss admet que « C’est plutôt bien ce qu’Anne Ruwet met en place sur ses plateaux. Ce n’est pas le cas de toutes leurs émissions, mais il y a du bon boulot qui est fait en face. Et c’est bien qu’on ait de la concurrence. On nous reconnaît une expertise, j’en suis le garant et je met tout en œuvre pour qu’on reste la référence. »

La suite dans le Moustique du 18 mai 2016

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