Sur 66 kilomètres de côte…

Ses stations balnéaires, son marché immobilier, ses balades, ses itinéraires vélo dépoussiérés, ses trésors cachés... Pour redécouvrir la Mer du Nord de long en large, suivez le guide.

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Parmi les 150 pays possédant un rivage côtier, la Belgique occupe la 141e place en termes de longueur. Petit littoral, certes, mais dense, avec ses 19 stations balnéaires. Nous en avons sélectionné six qui méritent le détour…

Nieuport-Bains – La plus vivifiante

Située sur la rive gauche de l’Yser, à 2 kilomètres de la ville même de Nieuport, Nieuport-Bains aurait pu s’appeler « Crombez-les-Bains » ou « Crombez-Plage », puisque cette station a été créée en 1864 par le baron Benjamin Crombez. Ce Tournaisien de naissance, mit sa fortune au service de l’enseignement laïc, de la diffusion de la libre pensée et de l’organisation de colonies de vacances. Pour réaliser ce dernier objectif, il aménagea les terrains qu’il possédait le long de la côte, entreprit la construction d’une ligne de chemin de fer à travers les dunes et construisit quelques bâtiments dont la célèbre « Villa Crombez ».

Tout libéral qu’il fût, le baron pensait, cependant, réserver « sa » station à l’aristocratie et la haute bourgeoisie. Et pour que ce petit monde ne soit pas dérangé, il interdit les commerces et les débits de boissons sur la digue. L’ennui ainsi créé précipita le déclin de l’endroit, repris en main, en 1893, par une société de développement locale.

Actuellement, Nieuport-Bains ne manque pas d’atout: son phare est planté dans un paysage qu’on croirait peint par Edward Hopper, la promenade longeant l’Yser, qui relie la station à la ville, est aussi belle que vivifiante et une ballade dans le quartier dit « des architectes » ravira les esthètes et les amateurs de belles villas. La ville possède un marché aux poissons, ce qui explique la qualité des produits proposés par les nombreux restaurants du crû. Le petit plus: les jours où la mer est agitée, se trouver au bout de l’estacade a des parfums de transatlantique.

Coxyde – La plus francophile

Parler français à la Côte n’est pas toujours bien vu. Mais, à Coxyde, on a parfois l’impression de se trouver dans une bulle de paix linguistique absolue. Un micro-climat de gentillesse dans une houle de communautaire. Cette station, a, il est vrai, vécu longtemps de ses touristes mouscronnois, qui, tout francophones qu’ils sont, parlent bien souvent un flamand à faire pâlir le plus féroce des militants du Voorpost.

Les Coxydois ont, donc, longtemps fréquenté ces touristes wallons un peu spéciaux dont les talents linguistiques ont probablement bétonné la tolérance que l’on peut toujours constater. Si vous allez au « Barbu », la légendaire boîte de nuit de la digue, c’est sans aucun problème qu’on vous servira en français et avec le sourire.

Mais la station a d’autres charmes. Outre les ruines de l’Abbaye des Dunes construite au XIIe siècle, on peut y voir un spectacle aussi nostalgique que rare. Coxyde est, en effet, le dernier endroit au monde, où s’observent encore des pêcheurs de crevettes à cheval: une dizaine de familles y perpétue la tradition.

Ostende – La plus royale

Est-ce parce que, déjà au XVe siècle, « La Reine des Plages » était un port qu’on peut toujours y observer une certaine bienveillance pour tous ceux qui ne parleraient pas la langue d’Hugo Claus? La ville est en tous les cas un creuset d’influences diverses, cosmopolites et ce n’est pas un hasard si les Anglais la surnomment « la plus britannique des villes du continent européen ».

Ses plages sont vastes à vous couper le souffle et c’est un des rares endroits d’Europe où subsiste un peu de ce faste du XIXe siècle propre aux stations balnéaires de la Belle Époque. Boire un Pimm’s de la Brasserie Albert à l’ombre des galeries Royales transporte le plus obtus des cartésiens vers des langueurs que ne renierait pas Marcel Proust. Ombrelles, canotiers et rubans. Actuellement, la ville possède un important patrimoine architectural et artistique: son Kunstmuseum aan Zee, en abrégé Mu.Zee, est probablement l’établissement consacré à l’Art belge le plus complet du Royaume, son musée de plein air du mur de l’Atlantique présente une des rares parties préservées de la défense allemande de la Seconde Guerre mondiale, son casino, le plus grand de Belgique est également un centre culturel. Et, Ostende, c’est le « spot » pour surfeurs du littoral belge.

La suite de nos meilleurs plans pour la Côte belge dans le Moustique du 11 mai 2016

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