Dan San en apesanteur aux Nuits


La formation liégeoise présentait officiellement ce dimanche "Shelter" au Cirque Royal. Un triomphe sublimé par les cordes du Mons Orchestra.
 

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Il en fallait de la passion et de la curiosité pour quitter son jardin et rejoindre le Cirque Royal en ce dimanche caniculaire.  Mais ceux qui ont pris place dans les fauteuils fatigués de la salle de la rue de l’Enseignement ne l’ont pas regretté. Et c’est sans doute avec des étoiles dans les yeux qu’ils expliquent  à présent à leurs potes  qu’ils raté quelque chose de fort. De très fort. Après quarante-cinq minutes d’un concert en apesanteur, Thomas Médard, chanteur/guitariste de Dan San à la chevelure impressionnante, déclarait, le tremolo dans la gorge, « merci, nous ne sommes pas prêts d’oublier cette soirée ». Nous non plus Thomas…

Paru en mars dernier,  « Shelter », deuxième album de la formation liégeoise, a été accueilli en Belgique et à l’étranger avec une rare unanimité.  A sa sortie, Moustique écrivait ainsi: « En se laissant prendre par la main par un producteur extérieur, en enrichissant sa folk mélancolique de vraies mélodies pop, en ajoutant aux voix masculines de Thomas Medard et de Jérôme Magnée le timbre de la douce Leticia Collet, en noyant ses arpèges dans des claviers vintage, une basse feutrée et des cordes délicates, Dan San prend de l’altitude. »  Cool,  on a pu se rendre compte ce dimanche que nous ne sommes pas seuls à partager cet avis.

Dans le cadre des Nuits Botanique, Dan San dévoilait  « officiellement » en live (même s’il y a déjà plusieurs tours de chauffe), les chansons de ce joyau. Pour l’occasion, le collectif était accompagné de cinq musiciens du Mons Orchestra. Dès les premières notes, Dan San nous emmène dans son trip bucolique où il est beaucoup d’eau, de nature et de sentiments exacerbés.   Ils sont vêtus de blanc, jouent dans une quasi pénombre et , tout en ayant beaucoup travaillé,  semblent aussi mettre à profit tous les imprévus du live.  Même s’il atteint des sommets, le concert n’est pas parfait et encore moins réglé sur du papier à musique. C’est ce qui rend, du reste, Dan San encore plus touchant. On les sent émus dans leurs interventions parlées, mais aussi complètement « perdus » dans leurs notes, notamment dans cette suite épique « Nautilus I » et « Nautilus II ».    Même si le premier album  « Domino » de 2010 est encore visité (une version très pop de Question marks),  c’est le jour et la nuit entre ces deux périodes. Le Dan San version 2016 s’est donné les moyens de ses ambitions. Il en veut. Il en donne. Il reçoit beaucoup de ce public qui va l’acclamer debout, toutes lumières allumées.  Boosté par une nouvel esprit de partage, le groupe permet aussi à tous ses musiciens de s’exprimer  davantage sans prendre de l’espace aux autres. Le violoniste Damien joue des claviers, Leticia est plus impliquée dans le chant, le bassiste Maxime passe furtivement à la trompette, tandis que les deux vocalistes sont à ce point complémentaires qu’on ne se rend même plus compte de qui chante quoi. Bref c’est du grand art tout en restant à dimension humaine. Si on ajoute que les versions live gagnent encore en intensité (c’est le cas sur The Call, notamment) et que le public flamand venu pour Andrew Bird est sorti emballé par leur prestation, on se dit que leur avenir est on ne peut plus radieux. Ils le méritent. Vive Dan San!

 

Pour les dates de leur tournée, rendez-vous sur leur site www.dansan.be

La très belle vidéo de The Call a été tournée dans le cadre des sessions de Bruxelles Ma Belle.

 

 

 

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