Lost Frequencies a fait transpirer l’A.B.

Le jeune DJ et producteur Felix De Laet  est bien le nouveau prince du dancefloor

 

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Fondu au noir dans la salle, écran qui s’allume sur la scène.  Le grand Jacques Brel apparaît dans son costume noir,  les bras ballants, les dents blanches, la sueur qui perle de partout. « Ne me quitte pas« … On s’attendait à tout ce vendredi soir pour le concert sold-out de Lost Frequencies à l’Ancienne Belgique, mais certainement pas à un tel hommage.  C’est avec Brel, son classique des classiques Ne me quitte pas, certes boosté avec un beat  techno maladroit, et une citation de circonstance (« Je suis Belge, j’aime la Belgique« ) que le jeune Felix De Laet introduit son set. Et en quelques secondes, il fait plus pour redorer le blason de notre pays que touts les déclarations de Charles Michel.  Bien vu…

Lost Frequencies sur scène, ce n’est en fait pas grand-chose, mais ça fonctionne. Pendant une heure trente, le garçon enchaîne entre  eux des tracks les plus improbables. Il ne cherche pas la pépite inconnue de tous, la version maxi d’un single paru sur un label obscur. Non, son truc à lui, c’est le tube populo et le beat putassier. En vrac Britney Spears, Coldplay, One more time de Daft Punk, Bob Marley, I feel good de James Brown,  What is love de Haddaway… On se croirait dans une boîte de nuit de Beauf City. Sauf que c’est super bien amené avec des mixes précis et incisifs.  Et c’est sans doute là que Felix fait la différence. Sa setlist, qui n’oublie bien sûr pas  ses  propres tubes (Are you with me, Reality) ne fait ni dans la finesse, ni dans l’audace, nous sommes bien d’accord.  Mais elle est imparable.

Dans la salle, ados et post-ados (beaucoup accompagnés de leurs parents qui ont dû  se rappeler leurs guindailles au Lord) guettent tous ses bidouillages et réagissent au quart de tour dès qu’il reconnaissent un morceau. Casquette vissée sur le front, paire de lunettes et casque coincé sur l’oreille, Felix sent la musique et n’a pas peur de mixer des titres qui pourraient sonner ringards auprès de l’intelligentsia électro.  Après tout, Felix ne cherche qu’à rendre les gens heureux. Il ne se cache pas derrière un concept, un casque, des oreilles de Mickey ou un masque de singe. Il sourit. Il parle aussi. Oui, comme au bon vieux temps quand DJ  Ronny  prenait le mic entre Big Bisou de Carlos et L’été indien de Joe Dassin

Sa technique est bluffante, même si on ne voit pas ce qui se passe sur la console. Le visuel est impressionnant. Il faut dire que Lost Frequencies est habitué aux grands messes électro. Voici une semaine à peine, il faisait danser 100.000 personnes  réunies à Sao Paulo pour  Tomorrow Land Brésil.  Couleurs chaudes, images de soleil et de vagues qui défilent sur les écrans, fumigènes qui sortent de la scène et du plafond. La production est canon.  Après avoir invité les vocalistes de ses propres productions (Lea Rue, Emma Bale, Janieck Devy), Felix introduit The Magician pour un dj set  B2B de folie et les lumières se rallument. Prochain étape: Rock Werchter le 2 juillet. C’est sûr, il va se faire brocarder par les gardiens du temple, mais il va tout retourner sur son passage… Comme le disait Brel, le talent, c’est avoir l’envie de faire quelque chose. Et dans son style, Lost Frequencies le fait très bien.

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