Pourquoi la série Vinyl nous laisse sur notre faim

La série de HBO aurait dû faire un hit, comme Mad Men. Elle n’y est pas parvenue. On décrypte ses bonnes et ses mauvaises idées.

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Germé dans la tête de Mick Jagger il y a une vingtaine d’année, le scénario retraçant l’âge d’or du rock dans le New-York des seventies avait tout de la bonne idée. A l’exception d’un petit détail : la matière première, bien trop riche, était inexploitable pour tenir sur deux heures de film. Il faudra attendre l’explosion des séries, devenues nobles, pour qu’enfin l’idée trouve son format et soit exploitée par HBO, grâce aux talents de Martin Scorcese et Terence Winter. Rien que ça. Avec un pitch et une équipe pareille, boostés d’une campagne de promo digne des plus gros blockbusters, la série aurait du s’imposer comme un Mad Men musical. Sauf que dans les faits, Vinyl et son budget pharaonique (30 millions de dollars pour le seul pilote) n’a pas réussi à s’affirmer comme un hit.

Ce qu’on a aimé

– Ultra-dense, référencée, fouillée, la série portée par Bobby Cannavale dans le rôle de Richie Finestra a soigné son ambiance. Allant jusqu’à détailler les chemises d’époques jusqu’au dernier centimètre de leurs cols, reproduire la skyline new-yorkaise sans ses buildings actuels comme ses allées crasseuses, mais surtout, à trouver des sosies pour chaque figure emblématique de l’époque (Andy Warhol, Bob Marley, Elvis Presley, John Lennon, David Bowie, Ray Charles, les New York Dolls,…) le tout avec plus ou moins de réussite.

– On en prend plein les mirettes, mais surtout plein les oreilles. Grâce à sa bande-annonce extrêmement léchée choisie Randall Poster, l’un des directeurs musicaux les plus respectés des Etats-Unis, Vinyl nous téléporte aux coeur des années septante à chaque épisode, quitte à presque nous faire regretter de ne pas avoir connu ce temps que les moins de quarante ans… La musique y est un personnage à part entière. Concerts filmés quasi à l’identique, morceaux omniprésents qui enrobent l’atmosphère des bureaux du label American Century ou encore celle des nombreuses soirées que retranscrit la série, la B.O. y cristallise chaque scène.

Pourquoi ça n’a pas (bien) marché

– A trop s’attarder sur l’ambiance des seventies, Vinyl a lâché la bride sur son scénario. Alors certes, les personnages sont riches, grâce à Bobby Cannavale, Olivia Wilde ou encore la brillante Juno Temple qui incarne l’assistante Jamie Vine, chargée des commandes de drogues et extrêmement ambitieuse. Mais pour autant, l’intrigue du projet s’est perdue dans un ensemble de récits. Au programme de cette première saison, on a pu assister en vrac à la déchéance d’un homme, à un couple en pleine crise, à la dépendance aux stupéfiants, au meurtre d’un animateur radio, et surtout à la recherche de nouveaux talents d’un label de disques moribond, à la naissance des Nasty Bits, le tout sur fond d’opulence et de fêtes.

Résultat, il y aura bien une saison deux, signée avant le lancement de la première volée d’épisodes et ses audiences décevantes (800.000 téléspectateurs pour le premier épisode), mais le showrunner de Vinyl, Terence Winter, ne sera pas de la partie. Ejecté du projet pour « divergences artistiques » celui-ci sera remplacé par Scott Z. Burns, un autre scénariste de renom.

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