Pourquoi Prince était unique

 

Alors que le monde entier pleure le kid de Minneapolis, disparu à l'âge de 57 ans, quatre anecdotes nous rappellent pourquoi il va nous manquer.

1401x788-prince-extralarge_1412016787658

Yvette Noel-Schure, manageuse du chanteur, a donc confirmé auprès de l’agence Associated Press la triste nouvelle dévoilée en début de soirée, ce jeudi, par le site TMZ.  Prince Rogers Nelson, alias Prince, alias Love Symbol, est décédé dans son studio de Paisley Park, dans sa ville natale de Minneapolis. Il était âgé de 57 ans.  Son corps a été découvert ce jeudi matin. Le shérif du comté du Minnesota, a précisé, pour sa part, qu’ une « enquête était ouverte pour un décès à Paisley Park« ,  mais sans donner d’identité. La semaine dernière, le chanteur avait été hospitalisé d’urgence après avoir fait un malaise dans son avion privé. Mais rapidement, il était remonté sur scène pour assurer à ses fans qu’il se sentait bien. Après son show, il avait même fait part de son bonheur sur Twitter : «Je flotte toujours sur un nuage d’ivresse après mon concert d’hier soir à Atlanta».

Après Lemmy de Mötörhead disparu en décembre, après David Bowie qui nous a quittés en janvier, après Glenn Frey des Eagles, c’est une autre icône de la musique qui disparaît.  Multi-instrumentiste, producteur, guitariste hors-pair, Prince a réussi, comme peu d’artistes avant lui, a fédérer  tous les publics. Sa discographie pléthorique résonne à jamais de solos rock, de jams funk, de flow hip-hop, d’instrumentaux jazz, de refrain pop, de caresses suaves chantées d’une voix de falsetto et aussi,  il faut le souligner, de morceaux  qui n’avaient de valeur artistique que celle de rappeler sa liberté totale et son refus de compromis.  On revient sur quatre anecdotes qui nous rappellent pourquoi Prince était unique.

> Le triomphe des années 80

Dans les années 80, Prince enchaîne  chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre: « Dirty Mind » (1980), « Controversy » (1981), « 1999 » (1982), « Purple Rain » (1984), « Around The World in a day » (1985), « Parade » (1986), « Sign O’Times » (1987), « Lovesexy » (1988). Tout ce qu’il touche se transforme en or. Tout ce qu’il sort est accueilli avec dithyrambes.  Hormis les Beatles, aucun artiste n’a enchaîné dans un si court laps de temps autant de disques imparables. Plus de 80% de ses ventes totales d’albums le sont avec des enregistrements des années 80.

> Le roi du live et de l’after-show

Comme Springsteen, un concert de Prince était bien plus qu’un concert. C’était une expérience inoubliable. Non content de jouer  trois heures d’affilée lors de ses shows officiels, Prince donnait souvent rendez-vous plus tard dans la nuit à ses fans addicts pour des prestations informelles dans des clubs (le Mirano), des casinos (Le Viage), des salles… On se souvient ainsi d’un after show livré  à une heure du mat’ à Forest National en 1995, vingt-quatre heures seulement après avir joué officiellement à Flanders Expo.  Sans Twitter qui n’existait pas à  l’époque, Prince avait réussi sur simple bouche à oreille à ameuter pour ce concert « secret » plus de 2000 fans. Avec son groupe New Power Generation, il y avait notamment livré une prestation époustouflante du classique Jailhouse Rock. On se souvient aussi de ses trois (!) prestations consécutives au Botanique  le vendredi 30 mai 2014, trois jours seulement après s’être produit au Sportpaleis.

 

> La générosité même

Le jour même de son concert archi sold-out du 8 novembre 2010 au Sportpaleis d’Anvers, Prince demande à la toute jeune Selah Sue d’assurer sa première partie.  Prince souhaitait mettre en avant une artiste locale. Il assiste à tout son concert sur le côté de la scène.  Mieux encore, à l’issue du show, il invite la jeune Louvaniste dans sa loge. « En fait, c’est sa femme qui m’a proposé de le rencontrer dans sa loge », nous avait alors expliqué Selah Sue.  « Je n’aurais jamais osé y aller toute seule. J’ai posé deux questions à Prince. « Etes-vous heureux? » et « Me conseillez-vous de prendre des leçons de guitare?« . Il m’a dit qu’il était heureux mais que le business le fatiguait. Puis, il a pris une guitare et a joué quelques notes. « Si tu connais ces accords, tu peux tout apprendre par toi-même », a-t-il répondu. Cool!

> Prince l’extrême.

A l’époque où plus personne n’osait le faire, il a publié sans la moindre promotion un triple CD, « Emancipation » (1996) qui sera double platine aux Etats-Unis ainsi que le quadruple CD « Crystal Ball ».  Dans sa discographie, on retiendra aussi l’expérimental « N.E.W.S. »  de 2003, disque divisé en quatre chansons de quinze minutes chacune représentant les quatre points cardinaux: N(orth), E(ast), W(est), S(outh). Un flop. On se rappelle aussi qu’il  été l’un des premiers à offrir son nouvel album studio à ceux qui achetaient un ticket de concert. C’était en 2004, lors de la tournée américaine Musicology.  Quant à « 20Ten », paru en 2010 et qui nous avait valu un concert d’anthologie sous l’orage à Werchter, il avait été offert gratuitement à l’achat d’un quotidien (le Nieuwsblad pour la Belgique.

Sur le même sujet
Plus d'actualité