Tous malades mentaux

Perte de mémoire? Excès de colère? Non, vous n’avez pas besoin d'un traitement. Même si l’industrie pharmaceutique ou votre entourage veut vous le faire croire.

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Le psychiatre Patrick Landman, président de « Stop DSM », un collectif de professionnels de la santé mentale qui s’oppose à la prolifération des diagnostics pour troubles mentaux, tire la sonnette d’alarme : « Les psy prescrivent des médicaments bien trop vite! » Au risque de rendre des patients accros aux pilules et de les pousser à ressasser un passé difficile mais qui ne posait pourtant aucun problème… Il relève au moins trois raisons.  

1. Big pharma crée des maladies

Aujourd’hui, les psychiatres se contenteraient de cocher des items dans le DSM, le manuel international indiquant clairement les symptômes de chaque maladie mentale. Un exemple: Vous vous livrez régulièrement à des activités illégales? Vous avez un tempérament impulsif et irritable? Et vous êtes un peu manipulateur sur les bords? Vous souffrez d’un trouble de la personnalité antisociale. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Enfin… C’est ce que l’industrie pharmaceutique veut nous faire croire. “En réalité, certains auteurs de cette convention mondiale sont actifs dans l’industrie des médicaments et poussent l’entrée de nouvelles maladies dans l’ouvrage pour pouvoir vendre plus de médicaments”, dénonce le psychiatre. « De nombreux psychiatres suivent cette convention à la lettre en oubliant bien souvent que la médecine psychique est en partie subjective et qu’il faut avant tout écouter, observer et comprendre nos patients. »

2. Le refus de souffrir 

« Du temps de ma grand-mère, quand on avait un chagrin d’amour, on avait juste un chagrin d’amour. Aujourd’hui on a une dépression », illustre Patrick Landman. La raison? Les gens ne supporteraient plus les petits couacs de la vie quotidienne et sont persuadés que seuls des traitements médicamenteux peuvent les soulager. 

3. Les pressions sociales

“Dès qu’un comportement dépasse un peu la norme, une pression sociale s’installe et pèse sur les épaules des malades. Le trouble de l’attention en est l’exemple typique. Dès qu’un enfant est un peu turbulent, on lui colle cette étiquette. Simplement parce que les parents ne veulent pas être vus comme indignes.” Les psychologues et les psychiatres sont alors contraints de leur administrer une thérapie pour les premiers, des médicaments pour les seconds. Sous peine de voir les patients déserter leur cabinet…

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