L’horreur a des noms et des visages

Ils s'appelaient Léopold, Olivier, Loubna et Adelma. Ils font partie des premières victimes officielles  d'une longue et pénible liste qui se fait attendre depuis ce funeste 22 mars.

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A la taille du monde, Bruxelles est un village. La Belgique à peine plus qu’une ville de province. Nombreux sont ceux qui sont touchés directement ou connaissent quelqu’un qui est touché directement par les attentats. Les terroristes ont frappé aveuglément. Dans des lieux où nationalités, cultures et religions se mélangent chaque jour. Aucune communauté, aucune religion n’a été épargnée.

Léopold avait 20 ans. Il était étudiant en droit à Saint Louis à Bruxelles. Léopold était un élève brillant. Un humaniste qui croyait que les mots triomphaient toujours. Léopold faisait de l’improvisation avec une troupe de gens de son âge.  Il souriait sur toutes ses photos. Mais dans la nuit de mardi à mercredi, sa vie s’est arrêtée. Il a succombé à ses blessures. Léopold était à Maalbeek. Il se rendait aux cours. Aujourd’hui, conformément à ses souhaits, Léopold continuera à vivre à travers ceux qu’il aura sauvé en donnant ses organes.

Olivier travaillait à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce gaillard à l’oeil pétillant se rendait au bureau comme chaque matin..Ses amis ont voulu partager sur les réseaux sociaux à quel point Olivier était un mec bien. Un gars qui imitait super bien Gainsbourg. Qui faisait rire ses potes et était toujours à l’écoute. Olivier riait fort. Olivier riait souvent.

Adelma, était une jeune maman de  36 ans. Originaire du Pérou, elle habitait Tubize avec son mari Christophe et ses deux jumelles. Avec eux trois elle se rendait à New York pour quelques jours de congé aux USA. Au programme: un mariage dans la famille et du repos. Que du bonheur. Les enfants, comme tous les enfants,, jouaient dans le hall. Un peu trop loin au goût des parents qui faisaient la file pour s’enregistrer. Alors Christophe s’est éloigné pour aller les rappeler à l’ordre. L’insouciance de l’enfance a sauvé trois vies. Adelma n’a pas eu cette chance.

Loubna était maman de trois enfants. Elle était enseignante. Jeune. Elle était musulmane.  Elle a été tuée par des lâches au nom d’une religion qu’ils étaient supposés partager. C’est en français et en arabe que ses amis lui rendent hommage. Avec une peine sourde et lourde. Qui fait écho au texte d’Ismaël Saidi sur la peine des musulmans. 

Et puis, il y a Gilles, Liesbeth, Frank, Aline, Berit, My,  Sascha, Alexander, Yves, Catherine, Fabienne,… Tous ces visages, toutes ces vies dont on est sans nouvelle. Mais pour qui les familles se préparent au pire. A l’annonce fatidique. Celle qui ne laissera plus le moindre espoir d’un retour à la maison. 

Et sur les groupes Facebook dédiés ou sur des sites spécialisés, leurs noms et leurs visages défilent. A la limite du voyeurisme  s’affichent les vies brisées: amour, enfants, famille, boulot. Tous souriaient. Tous vivaient. Ou vivent encore mais plus assez fort pour le dire.

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