Olivier, survivant: « je ne ferai pas d’amalgames »

Présent à Zaventem au moment des explosions du 22 mars, Olivier en est sorti indemne. Après avoir digéré le choc des premières heures, il veut rester confiant et positif.

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Olivier a 44 ans. Ce Belge expatrié à New-York était sur le point de s’enregistrer pour son vol vers les USA quand une envie pressante lui a certainement sauvé la vie. « J’ai hésité entre aller vers la douane et j’ai changé d’avis au dernier moment et je suis allé aux toilettes. Heureusement parce que c’est vraiment dans cette zone là que la bombe a explosé » raconte-t-il la voix posée. « Au début j’ai cru que le faux-plafond s’effondrait. Puis j’ai compris qu’il s’agissait d’une bombe et que j’assistais à une attaque terroriste. »

A l’aéroport, un policier lui explique qu’un centre a été mis en place pour accueillir les victimes et les survivants. « J’ai regardé autour de moi et je n’ai vu que des policiers, pas la Croix Rouge. Peut-être que je n’ai pas voulu la voir. Je me suis dit que la police pouvait être une cible. Je ne me suis pas senti en sécurité et j’ai préféré faire partir vers le village de Zaventem.” Là, il prend le temps de se recentrer, passe quelques coups de fil et prend un taxi pour se rendre chez des amis.

« Je ne me suis pas reconnu dans ce qu’eux appellent les victimes » 

Quelques heures plus tard, en sécurité chez ses parents, il allume la télévision et reste scotché devant l’horreur.  « J’ai suivi les infos en continu. Parce qu’il y a aussi une attaque dans le métro et parce que je voulais savoir où avaient explosé les bombes. Ça m’a permis de relativiser. C’est terrible mais ça arrive aussi à d’autres gens. »

« Aucune norme de sécurité n’a permis d’empêcher ça. On voit certaines personnes s’emballer sur les plateaux, à tort ou à raison je n’en sais rien. C’est vrai que hier ça me fatiguait peut-être un peu plus. Ça m’a permis de relativiser. C’est terrible mais ça arrive aussi à d’autres gens », poursuit-il.

Mais Olivier ne se sent pas représenté dans les discours qui se succèdent après les attentats. « Le discours du Premier ministre et de sa majesté le Roi étaient bien et je comprends tout à fait qu’il faut soutenir les blessés et les familles endeuillées. Mais moi qui fait partie des gens qui sont sortis indemnes, je ne me suis pas senti représenté. Je suis un chanceux mais c’est le sentiment que j’ai eu. Je me suis dit: ah donc j’aurais du être au moins blessé! J’estime que j’ai tout fait pour sortir mes marrons du feu. Je ne me sens pas reconnu dans ce qu’eux appellent les victimes. »

Le jour d’après

Après  une bonne et longue nuit de sommeil, les souvenirs refont surface: « Tout est revenu. La scène, mes choix, les déplacements. Sans terreur. » Et sans colère: « Je sais qu’il y a un combat par rapport à ce qui nous arrive et je pense vraiment à ceux qui sont morts, qui ont été gravement blessés. Mais je ne partirai pas en guerre et je ne ferai pas d’amalgames. »

De sa propre initiative, il entreprend une démarche thérapeutique: « Pour le moment je le vis bien mais je ne veux pas que ça fasse un effet élastique et commencer à paniquer plus tard. Je n’ai pas envie de paniquer dans les aéroports, en prenant l’avion. J’ai envie de rester confiant dans ce qui nous arrive.« 

Heureux d’être en vie, il préfère rester positif et confiant en l’avenir: « Je suis chanceux et comme rempli d’amour et de l’importance de pouvoir dire aux gens qu’on les aime. De l’importance de pouvoir être le plus agréable possible avec les gens, de ne pas perdre de temps quand ce n’est pas nécessaire à être agressif. 

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