Va-t-on vers une nouvelle crise financière?

Les bourses européennes chutent, la Chine patine, l’endettement atteint des records… Selon l'économiste Bernard Keppenne, tous les facteurs sont réunis pour déstabiliser l'économie mondiale.

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Va-t-on vers un remake de 2008? « Après la crise, les banques ont renfloué leurs fonds propres afin de mieux encaisser les difficultés financières et éviter le déficit”, répond Bernard Keppenne, chef économiste à la CBC. Il admet cependant certains signes inquiétants. Et pas sûr que les banques résistent très longtemps. 

Les valeurs boursières en chute libre

Les banques européennes ont essuyé au cours de ces derniers mois une dégringolade de 25 % de leurs valeurs boursières. C’est plus que la chute de 17 % observée à la veille de la crise de 2008! Il y a huit ans, ça avait débouché sur le refus du gouvernement américain de sauver la banque Lehman Brothers. Cette fois, le vent de panique pourrait venir de la Deutsche Bank, delestée de 6,8 milliards d’euros en 2015.

La croissance économique au ralenti

La croissance européenne affiche une timide hausse de 1,3 % du Produit intérieur brut. Après une nette remontée, l’économie US n’augmente que de 0,7 %. En Chine, le gouvernement a annoncé une progression de 6,15 %. Mais le chiffre exact serait trois fois inférieur.

La crise chinoise

La main d’œuvre bon marché chinoise a attiré ne nombreuses entreprises étrangères. Sauf que cet essor s’est accompagné d’une hausse des salaires et a rendu la Chine moins compétitive. Les investissements et la production liée ont donc baissé d’un cran. Ensuite, c’est l’effet domino. Si l’industrie chinoise travaille moins, les ventes de matières premières en provenance des pays émergeants accusent le coup. Du coup, ces derniers consomment moins de produits occidentaux…

La dégringolade du cours du pétrole

Aujourd’hui autour des 30 $ le baril, le cours du pétrole a chuté de 70 % en même pas deux ans. D’habitude, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ferme les vannes. Il y a alors moins de pétrole sur le marché et les prix remontent. Cette fois, l’Arabie saoudite a décidé d’inonder le marché pour affaiblir son ennemi politique juré tout juste libéré des sanctions internationales : l’Iran. Grâce à sa réserve monétaire, le Royaume peut encaisser le choc. Ce n’est pas le cas des autres membres de l’OPEP.

Un taux d’endettement record

Toutes ces difficultés se présentent sur un terrain déjà glissant. En Chine, le taux d’endettement privé dépasse les 160 % du PIB. La situation au Brésil, en Afrique du Sud et en Inde n’est pas de meilleur augure. En Occident, c’est l’endettement public qui inquiète. La dette de l’Union européenne et des États-Unis dépasse les 100 % du PIB. Elle atteint les 200 % au Japon. Accouplée à un taux de chômage historique élevé, à une hausse de la productivité et au vieillissement de la population, ça rend les marchés complètement nerveux.

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