Stéphane Rotenberg: le gendre idéal

Entré dans notre salon grâce à Top Chef et Pékin Express, l'animateur au look propret n'a pas sa langue en poche. Portrait d'un enfant de la télé.

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Il parle vite, Stéphane Rotenberg, très (très) vite. Comme s’il courait après la montre, dans une épreuve de Pékin Express, et qu’il ne lui restait que quelques secondes pour donner le plus d’indications possible aux candidats. Un vestige de ses années en tant que reporter, dont il a gardé le ton direct et informatif. « Je n’ai jamais aimé lire mes textes sur les prompteurs lors des directs. J’ai l’impression de sonner faux, de jouer à me caricaturer, du coup j’en sors le plus souvent possible. » Au grand dam des assistants prompteurs, qui suivent ses digressions la sueur au front. A l’écran, c’est sans doute d’ailleurs là sa plus grande transgression, tant l’animateur-journaliste à l’allure impeccable semble fiable, organisé et sympathique. Le gendre idéal, quoi.

 

Animateur malgré lui

A la ville, l’homme est tout aussi affable, mais bien moins langue de bois. Et ça, on ne s’y attendait pas. « Quand je présentais le Bachelor, un journaliste avait fait un portrait de moi, décrétant que j’étais complètement con, que je n’avais pas de cerveau. Bon, on est d’accord, ce n’est pas l’émission la plus intelligente du monde, mais j’avais trouvé ça assez violent. Ce sont des choses qui marquent. D’autant que le mec n’avait pas l’air d’être une flèche vu son niveau d’écriture. Et je sais de quoi je parle, puisque j’ai commencé ma carrière en tant que journaliste. » Passionné de mécanique, Stéphane Rotenberg débute dans la presse automobile. La télé, il n’a jamais osé s’y imaginer. « J’en étais extrêmement friand quand j’étais gosse, j’étais vraiment un enfant de la télé, mais cela me semblait trop éloigné. Inaccessible. »

Peu à peu, il gravit les échelons et se retrouve propulsé à l’édition de Turbo sur M6, dont il devient rédacteur en chef adjoint. Efficace, il passe ensuite sur France 2 et participe aux lancements de plusieurs émissions. Ce jeune trentenaire a du potentiel, se rêve animateur, mais n’ose pas mettre en péril ce qu’il a créé jusque-là. « J’ai mis beaucoup de temps à faire de l’antenne. Avec du recul, j’aurais aimé avoir le courage de démarrer plus tôt, plus jeune. Il a vraiment fallu qu’on me pousse. » Deux personnes l’encouragent. Jean-Louis Remilleux, le producteur de Secrets d’histoire. Mais aussi Frédéric Lopez, dont il est alors le patron, qui embraie à sa place et lui fait passer des tests avec sa caméra. « C’était une catastrophe, je n’arrivais pas à le faire, à dire le texte correctement. Lui me disait que c’était formidable, que j’étais fait pour ce métier. En fait, il a menti pour que j’ose enfin passer la première. C’est très rare qu’un animateur coache un autre mec qui pourrait potentiellement devenir son concurrent sur le marché. J’ai le même âge que lui, le même genre de profil souriant, etc. Il aurait pu se mettre en danger, mais il avait juste envie de me mettre le pied à l’étrier. »

« L’important, c’est de faire les choses avec gourmandise. »

Un pro lucide et passionné

On a découvert l’animateur en maître de cérémonie rigolard dans Bachelor, le gentleman célibataire, aux commandes d’Un dîner presque parfait, en chef de salle dans Top Chef, en baroudeur dans Pékin Express, mais aussi dans Qui est la taupe? Et ça, ce n’est qu’un aperçu. Son credo à lui, finalement, c’est de ne pas en avoir. « Je n’aime pas les étiquettes. Dès qu’un animateur fait trop longtemps le même genre de choses, on ne lui propose plus rien d’autre. Il suffit de voir Julien Lepers qui a animé le même jeu pendant 30 ans. Il a sans doute adoré, mais moi ce n’est pas ma tasse de thé. » Du coup, dès qu’il sent qu’il incarne un peu trop un programme, comme Pékin Express par exemple, il demande à faire le grand écart. « Je me suis proposé pour Top Chef. On ne m’y voit pas beaucoup, mais au moins je peux réenfiler un costume, je change de look et donc de style. Je sais que c’est un luxe incroyable de pouvoir autant varier de formats. »

La suite dans le Moustique du 16 mars 2016

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