Allocation universelle: où en est la Belgique?

Le point sur l'avancée du débat en Belgique à l'heure où les initiatives se multiplient. 

11607450194_a985aaf0bb_b

L’idée d’introduire une allocation universelle, un revenu pour tous et sans condition, fait son chemin. Les discussions et les phases de test se multiplient un peu partout, particulièrement en Europe. Mais qu’en est-il de notre pays?

En Flandre l’idée séduit lentement

Au Nord du pays, c’est Groen! qui est le plus avancé sur la question. Les écologistes flamands militent pour un revenu de base octroyé aux plus de 65 ans qui serait étendu aux plus jeunes par la suite. Les jeunes du sp.a sont quant à eux favorables au concept. Au CD&V, par contre, le président Wouter Beke émet des réserves. A l’Open VLD, sous l’impulsion des anciens de VIVANT, on réfléchit attentivement à l’idée. Le parti fondé par Roland Duchatelêt, avait déjà inscrit l’allocation universelle dans son programme à la fin des années 90.

Côté francophone, le néant

Les partis francophones sont à la traine sur le sujet. Pourtant l’idée est un peu belge. La première réunion du réseau mondial des défenseurs du revenu de base, a eu lieu à Louvain-la-Neuve en 1986 et notre compatriote et Philippe Van Parijs, professeur d’économie à l’UCL, est l’un de ses fondateurs. Seul ECOLO, dont le programme comprenait l’allocation universelle lors de la création du parti, s’active. Les verts ont lancé un groupe de travail qui, ils l’espèrent, accouchera d’une position officielle dans les prochains mois. La proposition n’apparaît dans aucun programme et aucune discussion interne sérieuse n’est à l’agenda dans les autres formations.

Pas d’application sans réforme de l’Etat

L’idée est déjà compliquée à mettre en place. Elle est encore plus dans la Belgique politique et sociale actuelle. Deux spécificités de notre plat pays rendent l’application de l’allocation universelle impossible actuellement. « L’architecture de nos institutions avec ses différents niveaux de pouvoirs pose problème, le versement de l’allocation devrait se faire depuis le fédéral » explique Philippe Van Parijs. Or, le versement des allocations sociales est une prérogative régionale. Un transfert de compétences et donc une septième réforme de l’Etat seraient nécessaires. Encore faut-il que les différentes parties le veuillent quelques années seulement après la sixième où les matières se sont régionalisées davantage.  Autre problème: « Cela pose aussi la question du financement des syndicats » poursuit l’universitaire. Ceux-ci sont financés à la fois par les cotisations des membres et par l’Etat en échange de leur gestion des allocations de chômage. Une fonction qui n’existerait plus avec l’entrée en vigueur d’un revenu universel de base.  Si on ajoute que les deux entités linguistiques devraient se mettre d’accord, on peut dire qu’on n’est pas prêt de voir l’allocation universelle débarquer chez nous.

Sur le même sujet
Plus d'actualité