Muse en orbite au Palais 12

Le trio de Teignmouth a donné le premier de ses quatre concerts complets ce samedi à Bruxelles. Un show futuriste époustouflant qui fait presque oublier la musique.

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« Ces drones, c’était un truc de dingue! »  « Le coup des marionnettes, c’est quand même trop fort! » « Moi, c’est le discours de Kennedy et l’explosion de confettis qui m’ont complètement bluffé, on se serait crû à un défilé sur la Cinquième Avenue... » Voilà le genre de commentaires qu’on pouvait entendre ce samedi, sur le coup de 23 heures, en regagnant les parkings du Heysel. Non, ce public ne sortait pas d’une avant-première d’un blockbuster de J.J. Abrams au Kinépolis, mais bien du premier des quatre concerts de Muse au Palais 12.

Comme nous l’avons déjà souligné,  avec cette Drone World Tour, le trio anglais dépasse toutes les limites de l’imaginable en matière de show au point qu’on en oublie presque la matière première, à savoir la musique. Pendant deux heures, chaque spectateur, qu’il soit situé au premier ou au dernier rang,  en prend plein les mirettes.  Le podium traverse la salle sur toute sa longueur. On voit les musiciens tantôt de dos, de face.  Quand ce n’est pas le bassiste Chris Wolstenholme (le seul qui sourit) qui fait un solo de basse à côté de nous, c’est Matt Bellamy qui se prend pour Jimi Hendrix 80 mètres plus loin ou le batteur Dom Howard qui est filmé du plafond… Mieux encore: grâce à ce dispositif scénique à 360 degrés d’une ingéniosité jamais atteinte par les U2 et autre Roger Waters dont Muse s’est inspiré, le spectateur devient presque acteur du show pour lequel il a payé.  Quand dix-sept mille smartphones s’allument en même temps sur l’intro de Psycho, quand le silence total se fait sur les notes de L’homme à l’harmonica (Ennio Morricone) au début de Knights Of Cydonia ou lorsqu’on voit sur l’écran LED suspendu au milieu de la salle cette foule filmée par une douzaine de drones,  on se dit que Muse peut remercier ses fans de le suivre de la sorte dans ses délires paranoïaques et futuristes.

Voilà finalement tout le paradoxe de cette Drone World Tour.  Muse sort un album concept pour dénoncer l’asservissement de l’individu dans un monde technologique,  mais sur scène, ce même trio  propose « un concert pour masse » qui n’a plus rien d’humain.  Scénarisé comme  une superproduction hollywoodienne qui n’autorise aucune improvisation (même les « come on Brussels »  de Matt Bellamy, semblent en pilotage automatique) et parfait du bout en bout sur un plan sonore, ce show oublie totalement la sueur, la spontanéité, l’interaction qui  caractérisaient les premiers live de Muse. Et si nous avons  été bluffés comme tout le monde par les effets spéciaux de cet épisode inédit de Star Wars,  on regrette aussi la version d’un rock plus naturel qu’offraient trois jeunes potes de Teignmouth sur la scène de la… Rotonde du Botanique  en 2000.

Muse se produit 13, 15 et 16/3. Palais 12, Bruxelles. Complet.

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