Les trois leçons non retenues de Fukushima

En ce jour de cinquième anniversaire, retour sur les enseignements loupés de la catastrophe nucléaire.

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C’était il y a cinq ans, jour pour jour. Suite à un tsunami provoqué par un séisme, la centrale japonaise de Fukushima rencontrait une défaillance de ses systèmes de refroidissement et voyait fondre son premier réacteur. Selon les sources officielles, l’accident causera indirectement la mort de 2.000 personnes et l’exode de quelque 160.000 Japonais. Les rejets radioactifs souillant le sol dans un rayon de plus de 250 km du site. Cinq ans après, a-t-on pour autant retenu les leçons? Rien n’est moins sûr.

Les centrales font de la résistance 

A Doel et à Tihange, bien sûr, mais aussi à Fessenheim, la plus vieille centrale française en activité. Sans parler du Japon…  En dépit d’une opinion publique de moins en moins pro-nucléaire et de plusieurs interventions de la justice -deux nouvelles unités de la centrale de Takahama, dans l’ouest du pays, ont du stopper leurs activités- le gouvernement du Premier ministre conservateur Shinzo Abe continue de répondre à l’inquiétude des industriels par des promesses de relance.

La Belgique n’a toujours pas de plan B 

Le physicien David Boilley nous le rappelait il y a tout juste un an: «Malgré la présence de 20 réacteurs sur son territoire ou à ses frontières, la Belgique n’a aucun plan de secours en cas d’accident de niveau 6 ou 7 (comme Tchernobyl et Fukushima) sur l’échelle internationale des événements nucléaires.». Dingue. Aujourd’hui? A l’heure où les centrales sont plus que jamais menacées (catastrophes naturelles, terrorisme, sabotage…), on ne voit toujours rien venir.  

On pense encore que cela n’arrivera pas chez nous 

«On se dit que Tchernobyl était lié au système soviétique et que Fukushima a été causé par un tsunami, poursuivait le président de l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO). En 1999, la centrale française du Blayais a pourtant été noyée sous l’effet d’une tempête. Alors oui, un accident grave est possible ici et il faut s’y préparer!». Dans le cas où la contamination frapperait une zone de 30 km autour de Doel ou de Tihange – la première zone de quarantaine japonaise a été étendue à un rayon de 50 km-, rappelons qu’il faudrait évacuer les villes d’Anvers ou de Namur et Liège. Un léger détail qui n’a jamais été pris en compte.  
 
 

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