Les taux négatifs, vous connaissez?

Pour plusieurs banquiers belges, les taux faméliques de vos comptes épargne sont encore trop élevés. Certains voudraient même qu'ils descendent sous le zéro.

reporters

Vous déposez un million d’euros à la Banque centrale européenne. Quand celle-ci vous le rendra, un an plus tard, vous ne percevrez pas d’intérêts. Au contraire, c’est vous qui lui devrez… 3.000 €. Soit 0,3 % d’intérêts négatifs. Vous ne rêvez pas, c’est exactement ce qui se passe depuis quelques mois quand une institution bancaire effectue un dépôt à la Banque centrale européenne.   

Ce qui explique sans doute pourquoi les institutions bancaires tentent de récupérer leurs mises ailleurs. Notamment en plaidant pour l’application d’un même mécanisme de taux négatifs, mais cette fois aux sommes d’argent qu’elles doivent. Les taux d’intérêt attachés aux comptes d’épargne, par exemple. En Belgique, ceux-ci flirtent déjà avec le plancher légal permis: 0,11% (0,01% de taux de base et 0,10% de prime de fidélité). Mais de plus en plus de banquiers, comme KBC ou Belfius, dont les bénéfices sont de plus en plus sous pression, se sont prononcés ces dernières semaines pour une remise en question de ce minimum légal, voire d’un passage aux taux négatifs. 

Que se passerait-il si cela arrivait? Récemment, le quotidien L’Echo s’est livré à un sondage en ligne: si vos carnets d’épargne devaient être soumis à leur tour à un taux négatif, comment réagiriez-vous? Résultat: 93% des internautes retireraient leur argent, en tout ou en partie. Ce qui n’est d’ailleurs pas la meilleure idée. Planquées sous votre matelas, vos économies ne profitent plus des protections et autres assurances dont elles bénéficient habituellement quand elles sont placées sur un compte.

Ceci dit, rassurez-vous, tous les banquiers ne plaident pas pour des taux négatifs. Toujours dans l’Echo, Alain Moreau, le patron de Deutsche Bank Belgium, dénonçait il y a quelques jours « le faux débat » des taux négatifs. « Je suis contre une baisse du taux minimum, a fortiori contre des taux négatifs. Ce n’est pas à l’épargnant de payer à nouveau la crise financière au travers de taux encore moindres, voire négatifs (…)Le vrai problème, c’est que les banques ont perdu 5 ou 6 ans. Après la crise, elles sont restées centrées sur elles-mêmes et n’ont pas assez anticipé la transformation de leur métier, en particulier la baisse des marges. » Seule solution, pour Alain Moreau: « c’est aux banques de s’adapter et de réduire leurs coûts. » Puisse-t-il être entendu…

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