Les aliments périmés ont la cote

Au Danemark, un supermarché de produits périmés a ouvert ses portes. À Londres, un restaurant en a fait sa spécialité. Chez nous aussi, la lutte contre le gaspillage s'intensifie.   

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Trop, c’est trop. Les citoyens européens balancent 89 millions de tonnes d’aliments aux ordures chaque année. Alors que, selon Oxfam, 123 millions d’européens peineraient à se nourrir correctement. L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture insiste quant à elle sur les impacts environnementaux dramatiques dont ce gaspillage alimentaire serait responsable: le rejet de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre par an. Les aliments non consommés engloutiraient aussi chaque année 250 km3 d’eau et occuperaient 1,4 milliard d’hectares de terres.

Des produits périmés au supermarché

Scandaleux? Alors pourquoi ne pas changer les choses? À Copenhague, l’ONG « WeFood » a ouvert son premier supermarché de produits périmés ou dont les emballages ont été abimés. À la caisse, ça revient jusqu’à 50 % moins cher que dans les supermarchés habituels. Adam Smith, un ancien cuistot britannique, a lui lancé l’opération « Real Junk Food Project » en ouvrant 120 cafés à travers le monde où l’on ne sert que des plats concoctés à partir d’aliments rescapés des… poubelles. À Berlin, une association a installé des frigos « libre service » dans les rues, incitant les locaux à y placer leurs denrées périssables s’ils savent qu’ils ne les consommeront pas.

Ça bouge aussi en Belgique! Le restaurant bruxellois AUB-SVP propose désormais un menu gastronomique composé à partir de surplus alimentaires. Et puis, il y a la plateforme « Foodwe » sur laquelle chacun peut donner ou vendre à prix réduit ses aliments à date-limite à des associations.

Pas de risque de tomber malade?

Tous les aliments périmés ne sont bien sûr pas remis en circulation. Il faut distinguer les aliments contenant une date de limite de consommation (lait pasteurisé, certaines viandes et charcuteries, quelques salades, etc.), à ne consommer sous aucun prétexte. Et ceux avec une date limite d’utilisation (sucre, farine, conserves, céréales,…) qui ne comportent aucun danger pour le consommateur. Une fois cette échéance dépassée, les produits risquent simplement de perdre de leur saveur. Mais si ça peut éradiquer le gaspillage, on peut bien de temps en temps décevoir nos papilles gustatives, pas vrai?

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