Beverly Jo Scott: « Il va y avoir une génération The Voice »

La coach emblématique de l'émission a resigné pour une cinquième saison. Avec toujours autant de passion.

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On parle toujours du coaching des candidats, mais jamais de celui des jurés… Vous avez fait une émission zéro avant de commencer? Vous avez eu des conseils, une liste des choses à ne pas dire à l’écran?

BJ Scott – Même pas! On m’a juste demandé si je voulais faire l’émission, je ne sais pas du tout pourquoi ils ont pensé à moi d’ailleurs, et j’ai répondu oui (rire). On m’a présenté les règles du show, on nous a fait un tout petit briefing et puis on s’est lancés, on a fait la toute première émission au feeling et ça a vite fonctionné.

Contente d’avoir rempilé cette année?

BJ S. – Je suis chanteuse et artiste à part entière, c’est mon métier principal, mais le coaching fait partie également de qui je suis. The Voice c’est une extension de ma carrière, c’est une magnifique expérience parfois récréative, parfois triste, mais toujours extrêmement prenante. Aucune année ne se ressemble et heureusement d’ailleurs (rire). L’an dernier je me sentais un peu moins à ma place, tout le casting des coachs avait changé à part moi, je ne savais pas si j’allais resigner pour une nouvelle saison. Il a fallu le temps que je comprenne que je pouvais vanner Stanislas sans crainte, il a énormément de répondant. Et puis évidemment je suis ravie que Quentin soit revenu. On se marre bien tous ensemble!

Est-ce que vous sentez une évolution dans la mentalité des talents au fil des années? Certains se présentent aujourd’hui juste pour passer à la télé?

BJ S. – On a beaucoup de jeunes, on est déjà à la cinquième saison. Il faut avoir 16 ans pour passer les auditions, donc on a aujourd’hui des talents qui connaissent The Voice depuis qu’ils ont onze ans, ils se sont passionnés pour le show et parfois ils le connaissent même mieux que moi! Evidemment certains viennent pour s’offrir un moment de gloire, mais on les repère assez vite, mais s’ils chantent bien, il n’y a pas de raison qu’ils en partent. C’est vrai qu’en tant que coach, on préfère toujours les candidats qui viennent pour acquérir de l’expérience et des conseils.

Avez-vous des regrets concernant certains talents cette année? Certaines personnes que vous n’avez pas buzzées lors des blinds?

BJ S. – Oui, évidemment. On a raté de très, très, très bons talents cette année, mais on est humains. Ça ne s’explique pas, ces moments-là, soit c’est le stress, soit le temps passe trop vite… Rien que d’y penser, ça me fait encore râler. Il suffit que le talent se présente à un moment où on a déjà trop de monde dans notre équipe, qu’on attend la petite étincelle en plus pour risquer notre dernier buzz et qu’on se rend compte après que la prestation était remplie d’étincelles, en fait. Le stress peut vraiment bouffer certains candidats alors qu’ils ont un talent fou. C’est une équation compliquée, c’est extrêmement subjectif.

Est-ce qu’on trouve toujours quelque chose à dire après la prestation d’un talent? Ça ne doit pas être évident d’avoir à chaque fois le bon mot…

BJ S. – Oui, parfois c’est vraiment dur. J’essaie de toujours donner un petit conseil, surtout quand je ne buzze pas, tout le monde a besoin d’un petit coup de pouce pour s’améliorer. Par contre quand j’ai buzzé, j’ai des arguments à la pelle, là l’inspiration ne manque pas.

Est-ce qu’il y a des choix de morceaux qui sont un peu rébarbatifs pour vous, lors de la prestation d’un talent?

BJ S. – C’est sûr qu’il y a des choix qui ne sont pas trop ma came, pas forcément au niveau des morceaux, mais par exemple dans le style. Si un candidat vient chanter du lyrique ou de la chanson française super-traditionnelle, j’aurai beaucoup de mal à le choisir, parce que je ne sais pas ce que je pourrais lui apporter dans ces domaines-là. Je ne suis pas la personne qu’il faut pour ces gens-là. Mais ça ne m’empêche pas de buzzer des gens qui chantent aussi en français.

Loïc Nottet a explosé cette année, il fait partie des rares qui ont su tirer leur épingle du jeu, un peu comme Alice On The Roof. Quel regard portez-vous sur l’avancée de votre poulain?

BJ S. – Je le suis à chacun de ses pas, je suis toujours son coach, en quelque sorte (rire). J’ai coécrit sa chanson pour l’Eurovision, Michel Gudanski s’est arrangé pour qu’il participe à Danse avec les stars, j’ai fais des allers-retours entre la Belgique et la France pendant toute la durée de l’émission, c’était un peu crazy de suivre ce parcours. C’est magnifique comme expérience! Et puis c’est un pied de nez à tous ceux qui disaient que The Voice ne sert à rien, ce sont des foutaises. Il va y avoir un avant et un après dans l’industrie, une génération The Voice, on a déjà découvert assez de talents pour l’affirmer, en plus d’Alice On The Roof il y a aussi tous les artistes qui se sont rencontrés grâce à l’émission et qui commencent des collaborations grâce à ça, ils doivent encore faire leur chemin en dehors de ce monde irréel qu’est la télé. Mais ils vont y arriver!

Qu’est-ce que vous nous préparez comme surprise pour les live? Est-ce qu’on pourra entendre un jour des compositions originales?

BJ S. – C’est un truc que j’adorerais faire. Ce n’est pas dans le protocole de ce jeu télévisé, ça me chagrine énormément, mais comme tous les candidats ne sont pas auteurs-compositeurs, j’imagine que ça pourrait desservir certains talents de rester dans un répertoire de reprises alors que d’autres dévoilent leurs créations. Par contre ce que j’aimerais vraiment, c’est qu’on puisse proposer des morceaux moins connus, des « titres découvertes », et sortir enfin des gros tubes que tout le monde connaît par cœur. Choisir des morceaux qui parlent vraiment aux talents, qui ont une signification spéciale pour eux et qu’ils puissent défendre cette interprétation, ça, ça me manque. Je me bats comme une malade pour que ça arrive. Peut-être un jour!

Et puis il y a les audiences qui importent aussi… Débriefez-vous les émissions? Avez-vous l’œil rivé sur le nombre de tweets qu’ils suscitent?

BJ S. – Je ne devrais sans doute pas, mais oui, je regarde à chaque fois les chiffres des audiences de l’émission. Ce n’est pas vraiment un stress, mais comme ça au moins je sais ce qui a marché et ce qui fonctionne un peu moins. On ne débriefe pas les primes, mais j’essaie de me regarder quand j’ai le temps, de voir si je n’ai pas trop dit de conneries (rire). Parfois je me dis « Ce n’est pas possible, j’ai osé lâcher ça? » Je n’aime pas me voir à l’écran, mais c’est indispensable pour avancer, s’améliorer.

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