Quand les humains remplacent les robots

L’industrie automobile vire des machines au profit d’ouvriers en chair et en os. Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond?

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Les humains contre-attaquent! Aussi surprenant que cela puisse paraître, le constructeur Mercedes va revendre certains de ses robots pour les remplacer par des ouvriers. La faute à une offre de voitures de plus en plus personnalisée. Accoudoirs chauffants, stores pare-soleil électriques, diffuseur de parfum dans la boîte à gants, sièges massant équipés de repose-jambes… Face à toutes ces options disponibles sur les très onéreuses “Classe S », les robots ne savent plus où donner de la tête. “Ils ne sont plus en mesure de prendre en compte le degré d’individualisation de certains véhicules ou de gérer les multiples variantes que nous possédons dans notre catalogue« , commentait récemment Markus Schaefer, le directeur de la production de Mercedes, à l’agence Bloomberg. “Les machines ne sont plus capables de travailler avec toutes ces options et de suivre le rythme des changements. » N’y voyez donc pas l’ombre d’un quelconque philanthropisme. Le retour de l’homme sur les chaînes de montage de Mercedes n’a d’autre but que de maximiser la productivité.

Le retour des ouvriers demi-dieux

Chez Toyota, cette nouvelle n’a en tout cas surpris personne. Il y a plus d’un an déjà, la marque nippone annonçait elle-aussi le remplacement de quelques robots par des ouvriers. Avec une philosophie résolument différente de celle du constructeur allemand. La volonté d’Akio Toyoda, le PDG de Toyota, étant de réinstaurer dans les usines l’esprit des “Kami-sama » (littéralement: «Dieu»), ces ouvriers hyper qualifiés capables de jongler entre plusieurs postes de travail et, surtout, de prendre des initiatives pour améliorer des processus qu’ils maîtrisent parfaitement. La quatrième révolution industrielle sera-t-elle dès lors moins cruelle que prévu avec le genre humain? Cette contre-offensive inattendue donne en tout cas une lueur d’espoir aux derniers ouvriers de ce secteur manufacturier. Á moins qu’il ne s’agisse que d’un court répit avant l’automatisation complète du marché? Si l’homme ne semble pas encore avoir abattu toutes ses cartes, ce cas de figure risque pourtant d’être la seule exception à la règle. D’après la Fédération internationale de la robotique (IFR), les constructeurs automobiles ont d’ailleurs acheté près de 100.000 nouvelles machines en 2014. Ce parc robotique devrait même croitre de 1,5 million de machines en circulation aujourd’hui à 2,8 millions d’unités d’ici deux ans. L’automatisation à outrance semble donc avoir encore de beaux jours devant elle. Dans les ateliers de carrosserie de l’usine Audi d’Ingolstadt, par exemple, 98% des tâches sont désormais effectuées par des doublures cybernétiques. 
 

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