JoeyStarr et Nathy dévoilent un album métissé et rageur

"Caribbean Dandee" mixe les influences et confirme son potentiel scénique. Un album sans frontières qui va faire trembler les foules.

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« Moi je suis de la génération Trust, Coluche, Balavoine » aime à rappeler l’enfant terrible du rap sur le titre Rebelles Conformistes. Du punk, de l’humour et de la chanson française cités en étendards, deux disparus et un groupe dissolu, comme pour rappeler que le Jaguarr, lui, tient encore debout. Et pas qu’un peu, mon neveu, puisqu’il a fait son grand retour dans les studios d’enregistrement en sortant « Caribbean Dandee » après une pause cinématographique. Un album à deux voix, comme à l’époque, où se représente le MC Nathy qu’on avait déjà pu voir sur les tournées de JoeyStarr. C’est d’ailleurs le même rôle qu’on lui retrouve sur ce disque, présent pour insuffler du répondant et faire briller les punchlines de son aîné, qui ne s’en prive pas. Taclant qu’on lui doit le respect, tant qu’on y est « ... ou je t’enfilerai comme ta mère« , clin d’oeil délicat à l’acronyme de NTM en direction des nouvelles générations. « Le problème c’est qu’il y a énormément de suffisance dans le milieu du rap aujourd’hui. C’est dingue la facilité qu’ils ont à écrire des rimes en bois, de s’inventer écrivain de punchlines, des phrases qui ressemblent à des guirlandes de Noël,… On a évidemment du respect pour certains rappeurs, mais il y en a énormément qui tombent dans la facilité. Ce que je trouve dommage, c’est qu’il y en a très peu qui prennent le risque de faire des trucs « hors-game », comme on le propose avec Nathy, pour faire avancer le schmilblick.« 

Hors-game, quasi transgenre, « Caribbean Dandee » comme son nom ne l’indique pas, mixe électro, dub, rap, chanson française, reggae et rap, évidemment. Un mélange que les deux compères prônent comme libertaire. Avec raison, rarement on aura été autant transporté entre les influences au sein d’un même album. De la reprise de Sun Is Shining de Bob Marley en passant par le sample de Charles Bradley sur How Long, du hip-hop furieux de Dead Prez sur Rebelles Conformistes ou encore d’Edith Piaf dans l’Arène, le duo puise sans se priver dans tous les répertoires. De quoi former un mélange sensiblement homogène, taillé pour la scène et les différentes phases d’un concert. « Cet album, on l’a clairement pensé comme un live, à s’en faire des bleus, à s’égosiller. » Titres ascendants, joutes verbales, clashs et grésillements, tous les ingrédients de l’explosion sont là. On attend juste d’en profiter en live pour découvrir les couleurs du feu d’artifice.

JoeyStarr & Nathy
« Caribbean dandee »
PIAS
 

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