Marie Gillain: « Tout à coup, je suis devenue une actrice sulfureuse »

Après avoir cartonné sur scène dans La Vénus à la fourrure et en kiosque avec la couverture de Lui, elle revient dans le joli Mirage d’amour. Rencontre avec un quasi-trésor national

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Elle n’en revient pas. Il a suffi que Marie Gillain se dévoile le long de quelques sublimes photos dans le magazine Lui pour que son image change enfin. Avec un mélange  d’émerveillement et de fausse naïveté, elle se lance: « C’est drôle comme l’image peut changer en fonction de ce que les gens retiennent de vous. Tout à coup, je suis devenue une actrice sulfureuse. Alors que l’on me décrivait volontiers comme une douce ingénue avant. Quand on m’a proposé de poser dans Lui, ça m’a fait rire. J’aime jouer toutes sortes de personnages. Mais je ne me suis pas réveillée un jour en me disant: « Ah, ça y est! Enfin, je suis devenue une espèce de femme fatale, qui grimpe aux rideaux! »« 

Vous avez aussi récemment déployé une autre facette de séductrice dans la pièce La Vénus à la fourrure où vous incarnez une maîtresse SM. Carrément…

Marie Gillain – De fait! Cela a aussi joué dans ma nouvelle image. Dans la vie d’une actrice, il y a des cycles en fonction des énergies qu’on libère. Si je campe ces femmes qui jouent avec leur corps et leur féminité explosive dans la pièce La Vénus à la fourrure et le film Valentin Valentin, c’est sans doute que j’en avais envie et que, de fait, je me suis autorisée à libérer ça en moi. A mon âge, je m’assume, je me sens plus libre: ça retentit sur mon travail d’actrice. Au cinéma et au théâtre, j’aime bien séduire, mais au quotidien, je suis tout sauf une femme fatale! Je déteste les talons et tout ce qui est girly. Quand je dois m’apprêter pour un tapis rouge, c’est un vrai exercice de style, même si je suis, à chaque fois, très heureuse du résultat.

Quand on est acteur, c’est compliqué de savoir qui l’on est?

M.G. – J’ai commencé ce métier avec une personnalité qui n’était pas construite. La presse, les personnages que je jouais ont imposé de moi une image. J’étais la jeune fille fraîche, romantico-angélico-pure. Aujourd’hui, qui je suis? Cette fille en bas résille sur l’écran? Non, pas vraiment. Plutôt cette enfant naïve? Pas tout à fait non plus. Je ne sais pas encore exactement quelle femme je suis. Et je n’ai pas toujours conscience de mes atouts de séduction.

« Les rapports de séduction avec le metteur en scène me gênent. »

Pourtant, en call-girl dans Ni pour, ni contre, vous étiez déjà l’image même de la séduction…

M.G. – Je m’autorise à être fatale uniquement quand je joue. Mais dans la vie, ça me met mal à l’aise. J’ai toujours peur de provoquer des réactions extrêmes, un désir de la part d’un homme, la jalousie d’une femme. D’ailleurs, sur le plateau, entre les prises, je me tenais comme une godiche. J’enlevais mon manteau rouge et je m’enfonçais dans ma parka. Ça me demandait beaucoup d’efforts d’assumer ma féminité en tenue de call-girl et de sentir le regard des hommes changer. J’ai un grand besoin de reconnaissance, mais je n’aime pas être une femme qui dérange. Même les rapports de séduction avec le metteur en scène me gênent. En ce sens, je ne suis pas comme beaucoup d’actrices. J’associe davantage le metteur en scène à un père.

La suite dans le Moustique du 17 février 2016

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