Massive Attack: trois trucs à retenir de leur concert au Palais 12

Le collectif de Bristol a impressionné ce mercredi dans un show sans concession.

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> Le groupe. Toujours très concentrés sur scène, les piliers Robert « 3D » Del Naja et Grant  Daddy G » Marshall restent visiblement plus tournés vers le présent et le futur que sur le glorieux passé. Et c’est une bonne nouvelle. Si le fidèle Horace Handy, à la voix toujours impeccable, et l’élégante Martina Topley-Bird sont encore de cette nouvelle tournée, Massive introduit de nouveaux talents dans le show. Azekel interprète ainsi Ritual Spirit, plage titulaire du EP paru voici quelques jours, tandis que l’époustouflante Deborah Miller s’attaque avec brio à Save from harm et Unfinished Sympathy, tirés du chef-d’œuvre « Blue Lines » (1991). Mieux encore, lors du premier rappel, les piliers de Massive s’effacent dans l’ombre pour laisser les devants de la scène aux membres de Young Fathers qui assurent leur première partie sur cette tournée européenne. La classe.

> Le visuel. Une demi-déception.  Massive réutilise  dans la forme les mêmes codes graphiques et vidéo que sur les tournées précédentes: beaucoup de rouge,  beaucoup de chiffres, beaucoup de messages subliminaux, affichage LED et rayons laser qui transpercent la foule.  Sur le fond, par contre,  la troupe de Bristol reste attentive au monde qui l’entoure. Le drame des réfugiés, Daesh, Donald Trump, les excès des jeux boursiers, les armes de destruction massive, le mal causé au nom de la religion s’inscrivent en filigrane de leur message où l’homme, vous comme moi, doit se rappeler qu’il a aussi des responsabilités.  On apprécie aussi l’effort du groupe de s’exprimer, tant sur les écrans que dans le micro, en français et en néerlandais. Non,  nous amis flamands, venus en nombre ce mercredi, n’ont pas sifflé quand 3D s’exprimait en french.

> Le répertoire. Il est sans concession et ça fait plaisir. Boudé par le public et par la critique, « Heligoland », dernier album en date de Massive Attack paru voici six ans, est visité à cinq reprises.  Le public a aussi pu découvrir en live trois extraits de l’EP « Ritual Spirit ».   Les pionniers du trip-hop jouent quelques incontournables (Teardrop en mode soul, Angel, Safe from harm avec sa basse claquante et un très joli Unfinished sympathy en rappel) mais oublient  Karmacoma.  Attentive, l’audience se laisse prendre par la force de titres peu ou pas encore joués. On pense à Risingson, à Ritual Spirit, à Paradise Circus ou encore à l’impressionnant Voodoo in My Blood avec Young Fathers.   Mention spéciale encore pour le son avec cette basse reptilienne, ces montées de guitares et ces beats quasi tribaux à la batterie. Çà nous rend encore plus impatients  de découvrir leur nouvel album attendu pour ce printemps.

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