Zika: Le moustique en accusation!

Le virus zika, ou d'autres, pourrait s'implanter en Europe en suivant son vecteur: le moustique tigre.

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Le virus Zika a déjà touché 1,5 million de personnes au Brésil. Et on attend 3 à 4 millions de cas sur le continent américain d’ici la fin de l’année. En Europe, plusieurs cas ont été identifiés, dont cinq en France. Pour l’OMS, sans doute piquée au vif pour avoir été accusée d’avoir tardé à réagir lors de l’épidémie d’Ebola, il s’agit désormais d’une urgence mondiale.

Zika est le nom d’un arbovirus transmis par la piqûre de moustiques du genre Aedes. Il serait également transmissible d’homme à homme par contact sexuel. Il a été identifié pour la première fois chez un singe dans la forêt ougandaise de Zika, en 1947, et a déjà été à l’origine de plusieurs épidémies locales, en Micronésie en 2007 et en Polynésie française de 2013 à 2014. Dans la plupart des cas, la maladie ne pose pas de problème de santé majeur. Les symptômes apparaissent trois à douze jours après la piqûre: éruption de boutons avec ou sans fièvre, avec éventuels maux de tête et courbatures, comme dans le cas d’une grippe, voire une conjonctivite ou un œdème des mains ou des pieds. Après sept jours au plus, l’infection disparaît. De plus, elle est immunisante. On ne la contracte donc pas deux fois.

Cependant, dans deux cas, le virus peut causer des dommages beaucoup plus importants. La femme enceinte est ainsi exposée au risque de voir son foetus développer une perturbation cérébrale entraînant de très lourds handicaps, voire la mort in utero. L’autre risque, pour les adultes cette fois, est celui de contracter le syndrome de Guillain-Barré (SGB), qui associe douleurs musculaires, troubles sensitifs et paralysies, dans des formes parfois graves.

En attendant un éventuel vaccin, ce qui devrait prendre plusieurs années selon l’Institut Pasteur, l’OMS a exhorté les pays européens à coordonner un plan anti-moustique, en impliquant la population. D’autant que le moustique tigre qui le transmet pourrait s’établir en Europe du Sud à la faveur du réchauffement climatique. « Les mêmes moustiques responsables de la propagation de la dengue et de la fièvre chikungunya, sont présents dans plusieurs pays européens, notamment dans les pays méditerranéens », pointait d’ailleurs l’OMS il y a quelques jours. On note ainsi la présence du moustique tigre de type Aedes albopictus en Espagne, en Grèce, dans le sud de la France, dans toute l’Italie, et sur les rives de la mer Noire.

Pour le moment, il hiberne, mais on craint que dès la fin du mois d’avril le moustique tigre redevienne actif, provoquant ainsi des cas autochtones. Même si, on se rappelle que seulement quelques cas de dengue ou de chikungunya avaient été enregistrés dans le sud de la France en 2015. Sauf que l’insecte s’étend de plus en plus largement dans ses nouveaux territoires d’adoption. En France, le moustique tigre s’est ainsi, selon l’Université de Montpellier, très facilement accommodé de nos modes de vie modernes où il ne souffre d’ailleurs aucune concurrence. Par ailleurs, ses larves sont très résistantes.

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