La côté obscur de la pomme

Trois vérités qu'Apple préfèrerait que vous ignoriez.

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1. C’est une entreprise comme les autres

Apple aime se présenter à ses débuts dans le rôle du sympathique outsider. Pourtant, dès 1981, cinq ans après sa création, elle est déjà l’un des leaders du marché de l’ordinateur personnel et emploie plusieurs milliers de personnes. Sa culture d’entreprise n’a plus rien du trip hippie. De gros actionnaires, en provenance de l’industrie classique, ont intégré le conseil d’administration, imposant des méthodes de travail similaires à tous ses concurrents. Au contraire, au début des années 80, c’est le géant IBM qui montre sa capacité à se réinventer. Son IBM PC est en complète rupture avec tout ce qu’il a produit auparavant. Comme le dit un observateur de l’époque, « pour une firme spécialisée dans les grosses unités de calcul destinées aux entreprises, inventer un petit ordinateur familial, c’était comme demander à un éléphant d’apprendre les claquettes ».    

2. Jobs était nul en management

Loin de l’image du gourou qu’il est devenu dans les années 2000, le Steve Jobs des débuts se révèle vite un piètre manager. Pour le CA d’Apple, il est d’ailleurs exclu de le nommer à la tête de l’entreprise. Trop irresponsable. C’est Steve Jobs lui même qui convaincra John Sculley, président de Pepsi Cola, de prendre le poste en lui lançant ce défi: « Vous voulez vendre de l’eau sucrée le reste de votre vie? Ou vous préférez changer le monde avec moi? » Quant à Jobs, viré de l’un des projets phare de l’entreprise par le président d’Apple en 1982, il devra se rabattre sur un projet secondaire, un petit ordinateur personnel low cost répondant au nom de code de… « Macintosh ». Après sa mort, certains témoigneront que travailler avec Jobs relevait parfois de l’esclavage et rappelleront les nombreuses scènes d’injures et d’humiliation. Quand le boss emblématique cuisinait au dépourvu l’un de ses employés et qu’il peinait à le convaincre, il pouvait se faire virer sur-le-champ. On disait alors qu’il s’était fait « stever »…

3. Un autre Steve était possible

Et si les véritables valeurs d’Apple, ou du moins celles que la firme voudrait qu’on lui prête, étaient plutôt incarnées par un autre Steve? Ami inséparable de Jobs et confondateur de l’entreprise, Steve Wozniak serait selon plusieurs de ses biographes la véritable conscience de la firme. Alors qu’Apple prend son envol, Wozniak s’émeut qu’il existe des différences de salaires entre les employés. Il revend alors ses actions à prix cassés aux moins favorisés pour leur permettre eux aussi de croquer dans la pomme. Très vite, lui qui déteste les tâches de management s’éloignera de l’entreprise. Il préfère consacrer la fortune qu’il s’est faite à diverses actions caritatives dans le domaine de l’éducation.

Retrouvez notre dossier sur Apple et la critique du film Steve Jobs dans Moustique. 

 

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