Creed: Les choses aux poings

Dans l'étonnant Creed, le réalisateur Ryan Coogler ressuscite un magnifique Stallone dans un Rocky vieillissant.

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On ne le répétera jamais assez: la boxe est certainement le sport qui cogne le mieux sur grand écran! Chef-d’œuvre de l’année 1976, et lauréat de l’oscar du meilleur film, Rocky reste indétrônable dans ce domaine. Talonné à quelques longueurs par Southpawn (La rage au ventre) avec un Jake Gyllenhaal impressionnant et sa musculature toutes poutres apparentes. Creed, de son côté, à la fois suite et spin-off de la saga Rocky, magnifie, lui aussi, tout autant le noble art.

Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Le gamin grandit dans un environnement aisé et poursuit une carrière florissante dans les finances. Mais, s’il est capable de gagner quelques millions de dollars en agitant un boulier compteur même avec des moufles, il n’est pas tout à fait épanoui pour autant. Il ne poursuit en fait qu’une envie: enfiler des gants, et suivre les pas de son père tout en se faisant son propre nom. La boxe dans le sang et le bagout en bandoulière, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son mentor. D’abord réticent, l’ancien champion finit par accepter…

Excellente surprise tout au long de ces deux heures et quart de grand cinéma qui passent aussi vite qu’un KO. au premier round:
 Michael B. Jordan et Sylvester Stallone forment un duo naturel et touchant. Sans jamais en rajouter ni cabotiner… Et grâce à l’arrivée de ce nouveau poulain, on découvre aussi une nouvelle facette de Rocky, délivrant une prestation subtile, qui lui a valu un Golden Globe dans la catégorie « meilleur second rôle ». Jordan ne démérite pas non plus face à ce monstre sacré. Déjà dirigé par Ryan Coogler dans le très fort Fruitvale Station, il insuffle toute sa fraîcheur et son envie à Creed. Dans une prestation puissante et exaltante.

Autre grande qualité de ce long métrage: il n’hésite pas à s’éloigner du style de la franchise, souvent téléphonée et prévisible. Quand elle n’incarne pas simplement un vulgaire copier-coller de l’épisode précédent. Rien de cela ici! Témoin, cette fantastique séquence d’un match filmé entièrement en plan-séquence, comptant parmi les meilleures de la saga. Au point que la bagarre finale pourrait carrément vous faire lever de votre siège. Bilan: Coogler signe un très émouvant passage de flambeau, presque intime, renouvelant la saga sans jamais lui faire offense. Arrivant parfaitement à mettre les poings sur les « i » et ailleurs: oui, les suites et autres exhumations du passé, que l’on voit souvent venir avec des pieds de plomb, peuvent (parfois) se révéler percutantes! C’est le cas ici, et Creed nous a poussé dans les cordes.

> CREED – L’HERITAGE DE ROCKY BILBOA, réalisé par Ryan Coogler. Avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson – 134’.

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