Les traumatisés du Web

Meurtres, décapitations, agressions... Un quart des internautes qui y sont exposés développeraient un syndrome post-traumatique. Tels des soldats au retour d'une guerre... 

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La violence à l’écran? Vieux débat. Pour les uns, films et jeux vidéo violents influent réellement sur les comportements. En particulier ceux des plus jeunes. Certains pensent même que le petit écran serait responsable à lui seul de 5 à 10 % des violences commises chaque année. Pour les autres, comme le psychologue Yves Collard, formateur en éducation aux médias à Média Animation, c’est très exagéré. « Une image ne peut influencer un comportement. De la même manière qu’on ne devient pas tout à coup gentil parce qu’on regarde des héros positifs, voir des méchants à la télé ne pousse pas à l’être! »

Soit. On n’est pas prêt de réconcilier les points de vue. Mais en attendant, penchons-nous sur d’autres dégâts éventuels causés par la civilisation de l’image. Et à cet égard, depuis quelques années, c’est un nouveau support qui pose question. Le web, où circule le vrai autant que le faux, mais, surtout, les infos non filtrées, non cadrées, non contextualisées. Images de guerre, de décapitation ou d’agressions, lynchages publics, animaux maltraités… On ne parle plus ici de la violence chorégraphiée proposée par des fictions à la mise en scène assumée, ou de jeux animés comme Grand Theft Auto, mais bien d’actes de violence réels partagés et vus par des millions de personnes. Dont de nombreux jeunes.

Or certains scientifiques avancent que le visionnage d’une violence sans filtre peut causer, autant chez l’enfant que chez l’adulte, des traumatismes sévères, comparables au syndrome post-traumatique que vivent les vétérans, les rescapés d’un accident ou encore les victimes d’une agression. La chercheuse britannique Pam Ramsden, de l’Université de Bradford, en est même persuadée. Pour appuyer cette thèse, elle a récemment exposé, sur le long terme, 189 internautes à ces images violentes et non remises en contexte. Résultat: 22 % d’entre eux ont développé des angoisses, des troubles du sommeil, des flash-back ou encore des sautes d’humeur… soit les symptômes mêmes du syndrome post-traumatique.

Retrouvez l’article complet dans Moustique.

 

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