La Belgique, eldorado médical

Certains n'hésitent plus à franchir des frontières pour des soins moins coûteux, qui n'existent pas chez eux ou qui seront prodigués par de meilleurs médecins. Notre pays est l'une des destinations les plus courues.

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Souvent bien notée lors des classements européens et internationaux, notre pays jouit d’une belle réputation en matières de soins. En 2015, la compagnie suédoise Health Consumer PowerHouse nous classait même en sixième position sur 37 pays européens. D’après les enquêtes faites auprès des consommateurs, ceux-ci apprécient chez nous un système « généreux et axé sur les services ». Et qui n’est d’ailleurs pas passé inaperçu. Certains avancent même que le plat pays pourrait devenir le prochain paradis du tourisme médical.

Car ils sont de plus en plus nombreux à traverser frontières et parfois même océans pour sauver leur peau ou leurs économies. Le concept est né il y a déjà plusieurs décennies, quand une patientèle fortunée s’est mise à parcourir le monde à la recherche des opérations de chirurgie esthétique les moins chères du marché. Une poignée de pays (l’Inde, les pays du Golfe et la Hongrie, notamment) ont alors pris conscience du potentiel économique énorme de ce nouveau tourisme. Et lancé des offres de séjours « all in » comprenant une opération additionnée d’une escapade touristique, afin que les médecins puissent effectuer les examens postopératoires.

En 2008, face à un phénomène en plein essor, le cabinet d’audit Deloitte estimait déjà que près de trois millions de patients se rendaient chaque année dans d’autres pays pour des raisons médicales ou esthétiques. Un chiffre qui pourrait atteindre les 20 millions aujourd’hui… L’Allemagne s’est elle aussi lancée sur ce marché. Et a décroché le jackpot. En 10 ans seulement, elle est devenue incontournable. Et engrange plus de deux milliards d’euros. Une suite de zéros qui fait tourner la tête de plus d’un hôpital de par le monde.

Il y a dix ans, en Belgique, le constat était sans appel: trop de lits d’hôpitaux vides. Alors que le gouvernement pense en termes restrictifs, Jacques de Toeuf, directeur général des cliniques du Chirec, crée l’ASBL Health Care Belgium. Son objectif est simple: il veut remplir ces lits vides par des patients étrangers. « On ne parlait pas encore de tourisme médical à l’époque, le terme apparaît quelques années plus tard », se souvient le médecin. Après avoir réuni les centres hospitaliers intéressés, il se donne corps et âme à sa mission. Cependant, « le gouvernement socialiste s’oppose à l’idée. Les hôpitaux publics refusent de rejoindre l’ASBL. Demotte, et puis Onkelinx, nous mettent des bâtons dans les roues… » À l’époque, Laurette Onkelinx est ministre des Affaires de santé publique. Craignant que l’afflux d’étrangers n’allonge les listes d’attente et/ou prive les Belges de leurs soins, elle refuse de supporter le projet. « Ce sont les citoyens belges qui cotisent pour avoir de si bons hôpitaux, c’était à eux d’être prioritaires », explique Vincent Cordier, porte-parole de Laurette Onkelinx.

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