Sur la route du partage

Les véhicules qui seront présentés au Salon de l'auto de Bruxelles du 14 au 24 janvier disposent parfois de quelques atouts écologiques. Mais aujourd'hui, la tendance s’élargit aussi à la route et au mode d’utilisation des voitures…

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Au Salon de l’auto, chaque stand, ou presque, présentera ses modèles plus ou moins écolo (hybrides, électriques, silencieux…), affirmant en cela la continuité du virage vert entamé il y a quelques années. Mais surtout, signe des temps, le recoin DS arborera sa Formule E (élaborée en collaboration avec Virgin Racing), bolide participant au championnat du monde de Formule 1 électrique, qui en est à sa deuxième saison. Plusieurs grands autres constructeurs (Audi, Honda…) sont aussi impliqués. Et profitent de cette compétition très spectaculaire, où les bolides atteignent des vitesses vertigineuses dans des courses riches en rebondissements, pour tester des innovations techniques et électriques qui pourraient aboutir sur nos véhicules du quotidien.

« Le sport auto a toujours servi, entre autres, à introduire des matériaux et des technologies. Et, ensuite, à les implémenter, ou pas, sur nos voitures de route », explique Alejandro Agag, promoteur de la Formula E. « La F1 a ainsi beaucoup amené en matière de solidité, de sécurité et d’aérodynamique. Tandis que la technologie hybride vient du Championnat du mode d’endurance: le WEC. Nous allons, quant à nous, servir de labo d’essais pour tout ce qui concerne l’électrique. »

Cette année encore, on notera un changement dans la continuité. Aucune véritable révolution n’est annoncée à court terme en matière écologique. Et l’utopie pure n’excite encore que les imaginations des designers et des techniciens (la carrosserie en panneaux solaires, le générateur produisant de l’électricité chaque fois que la voiture passe sur une bosse…). En fait, la vraie tendance actuelle s’étend sur deux autres pans de la mobilité: la route en elle-même et la philosophie de l’utilisation de l’auto. Bruyantes et polluées aujourd’hui, les routes du futur pourraient ainsi devenir vertueuses, utiles et durables dans un futur proche.

La route solaire

Avec la Wattway, une dalle photovoltaïque collée aux routes supoortant le passage de poids lourds sans se déformer, alors que les panneaux solaires sont habituellement très fragiles. Trois petits tronçons de 20 à 40 mètres de cette route solaire sont actuellement en test en France, à Grenoble, à Chambéry et à Magny-les-Hameaux (Yvelines).

Le revêtement antibruit

Les voisins du ring en rêvent… Ce type de revêtement limite le bruit de la même façon que si on divisait par cinq le trafic routier.

Peinture luminescente

Oubliez les lampadaires qui rythment la route… et consomment beaucoup. Un artiste hollandais, Daan Roosegaarde, a développé, avec la société Heijmans, une peinture photoluminescente grâce à une poudre spéciale. Et ces marquages sur le sol, visibles de nuit, ont pris la couleur verte… comme pour rappeler que la route peut devenir écolo.

Les routes en plastique recyclé

Fin juillet 2015, la société néerlandaise VolkerWessels dévoilait un revêtement plus durable et plus solide que l’asphalte: le plastique recyclé. Il permettrait aux routes de durer trois fois plus longtemps que nos voies actuelles et avec un minimum d’entretien.

Zen, soyons-en!

Et puis, dans une mixité parfaite entre voiture verte et utilisation intelligente, l’avenir de l’auto écolo se niche aussi peut-être dans le partage. Pionnier du genre en Belgique: Zen Car. « Il s’agit d’un service de location de voitures pour de courts déplacements », explique son big boss Serge Starckmann. Mais sur ce service de location déjà expérimenté par d’autres se greffe surtout l’utilisation exclusive de la technologie électrique. Et ça, c’est une première. « Toutes nos voitures, des Renault et des BMW, roulent à l’électricité. Nous sommes donc orientés à 100 % vers la mobilité le plus verte possible. Ensuite, nous avons développé des partenariats pour le parking, à la fois en surface et en voie souterraine. Et nous entendons bien nouer aussi des partenariats avec la Stib. » Une solution qui esquisse le nouveau cycle vertueux de la mobilité verte: une voiture écolo, partagée selon les besoins, et en parfaite intermodalité avec les autres moyens de transport. Tiercé gagnant? Réponse d’ici quelques années…

Retrouvez notre article sur le Salon de l’auto 2016 dans le Moustique de ce 13 janvier.

 

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