Le nucléaire, c’est de la bombe!

@Isopix

Ce mercredi, la Corée du Nord affirme avoir testé sa première bombe à hydrogène, appelée bombe H. Intox? Les spécialistes doutent sérieusement que Pyongyang soit en mesure de maîtriser cette technologie… La secousse sismique provoquée par le test serait plutôt de l’ordre d’une vulgaire bombe atomique (dite A). Quoi qu’il en soit, rien de nouveau sous le champignon. Outre la bombe H, l’humanité s’est dotée au cours des 70 dernières années de nombreux autres engins nucléaires de mort à grande échelle. Dont voici le catalogue.

Bombe A

C’est la bombe atomique vintage, qui utilise la technique de la fission: des atomes d’uranium ou de plutonium sont brisés par des neutrons, d’où une production intense d’énergie. C’est ce type d’engin qui a été utilisé par l’Amérique contre le Japon à Hiroshima.

Bombe H

Dans la famille nucléaire, la bombe à hydrogène, ou thermonucléaire, est l’aboutissement de la bonne vieille bombe A. D’ailleurs, c’est cette dernière qui sert de détonateur dans la bombe, qui dispose de deux étages. La bombe A au premier étage déploie la chaleur nécessaire pour déclencher la fusion nucléaire du second étage, réalisée par deux atomes d’hydrogène. La bombe H est autrement plus puissante que la A. La Tsar Bomba développée en URSS, la plus grosse bombe nucléaire testée, en 1961, était 3.300 fois plus puissante que Little Boy, largué sur Hiroshima en 1945. Outre la puissance, l’enjeu stratégique dans l’exploitation de bombes H réside dans leur miniaturisation, nécessaire pour un montage de l’engin sur missile.

Bombe N

Toujours dans la famille nucléaire, la bombe à neutrons déploie une puissance limitée. Elle présente l’avantage d’infliger des dégâts aux tissus vivants et aux composants électroniques, mais avec des retombées radioactives restreintes et des dégâts mesurés aux infrastructures. Très pratique en cas d’invasion de longue durée. On neutralise l’ennemi mais sans tout casser chez lui. Cependant, il semblerait qu’aucun arsenal dans le monde n’en contienne encore aujourd’hui.

Dans le même esprit pervers existent également les « bombes salées ». Il s’agit d’une sorte de bombe H mais dont le second étage servirait essentiellement à maximiser les radiations et les déployer sur la plus large échelle possible, plutôt qu’à tout casser. L’inventeur du concept, un physicien américano-hongrois, l’appelait l' »arme du jugement dernier ».

Bombe sale

C’est une bombe conventionnelle mais truffée de déchets radioactifs réduits en poussière lors de l’explosion pour être disséminés afin de contaminer une zone donnée. Relativement aisée à réaliser, puisqu’elle mélange détonation classique et déchets nucléaires disponibles sans trop de difficultés, elle est le cauchemar des services de lutte anti-terroriste du monde entier.

Bombe EMP

Terreur des geeks par excellence, la bombe à impulsion électromagnétique détruit les appareils électriques et électroniques, ainsi que les systèmes de communication. Cette propriété est en fait une « retombée » du développement des armes atomiques découverte lors des essais réalisés aux Etats-Unis en 1945. Ce n’est par la suite qu’elle a été développée en tant qu’arme à part entière. Si elle ne s’attaque pas directement aux êtres vivants, son utilisation serait néanmoins catastrophique à grande échelle, surtout dans les pays développés: paralysie du trafic, mise hors circuit des hôpitaux, des systèmes administratifs et de gouvernance, etc.    

Photo: Isopix

 

 

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité