Michel Delpech nous a quittés

Populaire et magnifique, le chanteur a succombé a un cancer de la gorge et de la langue. Il avait 69 ans et laisse derrière lui des tubes qui ont accompagné notre vie.  

delpech

Annoncée maladroitement au mois de juin par un Michel Drucker parti en roue libre, la disparition de Michel Delpech est aujourd’hui une réalité. Son épouse, Geneviève Delpech, l’a annoncé hier à l’AFP: “Michel est mort ce soir à 21h30”. La maladie contre laquelle il se battait depuis trois ans ne lui a finalement laissé aucune chance. Cette maladie qu’il avait souvent évoquée, qu’il semblait avoir domptée et qui le faisait poursuivre son chemin avec l’ombre de la mort à ses côtés.

La preuve par “Vivre”, le dernier livre qu’il avait publié, mais surtout par “La fin du chemin”, chanson de 2014 dans laquelle il évoque son départ, demandant à ceux qui seraient tenter par les larmes de les sécher. “Voici la fin de mon chemin sur terre. Je suis à toi, accueille-moi mon père. Voici mon âme, séchez vos larmes les frères. Je m’en vais là où brille la lumière”, chantait-il, déjà apaissé par la rencontre avec la foi qu’il avait expérimentée au moment de sa dépression en 1976.

Bousculé par le succès, malmené par ses démons, tiraillé par le doute, Michel Delpech occupe une place à part dans la variété française des années 70 – cette galaxie à paillettes si bien mise en scène par Maritie et Gilbert Carpentier, sorte de magiciens d’Oz de la télé du samedi soir. Dès son premier tube – “Chez Laurette” en 1965 – et ses premières apparitions dans des pulls Shetland de fils de bonne famille, Delpech se pose avec, dans le regard et dans la voix, une tendresse et une sincérité qui tranchent sur les habitudes du show-business.

La suite sera rythmée par des chansons qui, sans être toujours autobiographiques, semblent raconter sa vie, même s’il est plus sûr de dire qu’elles ont accompagné la nôtre. “Wight is wight” (belle mélodie pour une évocation de la culture hippie), “Pour un flirt” (énorme succès sous forme de ritournelle entrée dans l’inconscient collectif), “La vie la vie” (autre mélodie entêtante), “Que Marianne était jolie” (sur la France), “Les divorcés” (sans doute l’une de ses plus belles chansons). D’autres tubes encore – “Je pense à toi”, “Le chasseur”, “Quand j’étais chanteur” (magnifique évocation de la vieillesse), “Tu me fais planer”, “Le Loir et Cher” – qui ont construit ce répertoire respecté, traversé par l’idée pop – c’est-à-dire populaire et moderne. On gardera de Michel Delpech le souvenir d’un chanteur qui a donné à la variété ses lettres de noblesse…

  

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