Akro, poète de la rime

"Les choses changent, mais je reste un enfant", chante Akro sur Petite renaissance, morceau 100 % "good vibes" qui clôture un bien joli quatrième album solo. A l'aube de ses quarante balais, le MC de Starflam signe un disque d'une grande poésie, à la fois juste et tendre.  "Contrairement à plusieurs de mes potes, je n'ai pas connu la crise de la quarantaine. 

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J’en ai bien profité quand j’étais jeune et aujourd’hui j’ai une vie plus stable. Je m’occupe de mes filles, j’anime des ateliers d’écriture et je poursuis ma carrière. Je suis parfaitement bien dans mes pompes. Alors oui, les choses changent avec l’âge, mais il y a toujours des envies de rêve utopique. Il y a une chanson sur ce disque qui s’appelle Jamais dire jamais. C’est exactement la philosophie de ce que j’essaie d’inculquer à mes enfants. »

Si l’album s’intitule « Quadrifolies », c’est aussi parce que Akro joue avec la palette des quatre couleurs primaires. « Le jaune pour le soleil et mon amour des musiques métissées; le bleu pour le blues et les guitares rock; le rose pour les années 80; le noir, enfin, parce que j’y dévoile aussi mon côté sombre. » Si cet album solo conçu pendant la tournée de reformation de Starflam (sans Baloji) est le plus riche musicalement d’Akro, il est aussi le plus personnel. Salué depuis longtemps pour sa plume, Akro évite ici de tomber dans le jeunisme ou dans le plan du « vieux rappeur donneur de leçons ». Non, il signe ici une ode à la vie, à l’amitié et au hip-hop avec juste ce qu’il faut de nostalgie et une grosse dose de talent. Big respect. – L.L.

> QUADRIFOLIES, Akro, CODS.

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