Parlons buzz… en vrai

Le contenu internet est devenu un produit culturel comme un autre qu’on partage « In real life » avec ses amis. Et, comme partout, ce n’est pas toujours extra.

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Le lolcal posté par la police fédérale sur Twitter afin de demander aux internautes de ne plus communiquer sur les opérations antiterroristes en cours à Bruxelles a fait le tour de nos conversations. Et on ne parle pas des 12.000 partages effectués sur le réseau social. Selon le spécialiste des nouveaux médias de l’UCL Thierry De Smedt, c’est la preuve que les buzz ne sont plus réservés à quelques geeks. « Aujourd’hui, on parle des artistes à la Norman fait des vidéos comme on parle de notre chanteur préféré. Si vous avez aimé un film, vous allez conseiller vos amis d’aller le voir. C’est désormais pareil avec un face-caméra drôle et bien filmé sur Youtube. »

Le tweet de la police fédérale n’a toutefois rien d’une production culturelle. Ou du moins, pas plus que toutes ces vidéos à succès montrant un chat cascadeur ou un bébé en plein fou rire. « Ces vidéos ont un pouvoir de sympathie et d’universalité, explique le docteur en communication. On parle de ce genre de vidéos directement à nos amis comme on partage une friandise avec eux. Souvent, on consomme même cette vidéo ensemble, comme on mangerait un morceau de chocolat en même temps en se disant « Qu’est-ce que c’est bon! ». Ça permet de passer un bon moment en groupe. »

Il serait malgré tout encore possible de ne pas participer à cette culture du net que certains continuent de décrier. « Je ne pense pas qu’on soit à un stade où il est impossible de se défaire de cette culture. On est dans l’entre-deux, on a le choix », rassure l’expert. Il n’empêche que la vie quotidienne inspirée du web représente désormais la norme. Au point que ça crée In Real Life de nouvelles formes de créativité. « Tout existe sur internet. Si une personne veut encore poster un lolcat, par exemple, il va devoir en constituer un exceptionnel, un vraiment drôle », termine Thierry De Smedt. Cela mène à l’apparition de nouveaux collectifs qui s’unissent pour produire du contenu plus original et créatif. L’offre artistique en ressort donc grandie.

Retrouvez l’analyse complète de Thierry De Smedt dans le Moustique du mercredi 30 décembre 2015.

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