Bonne résolution 2016? Zéro déchet!

Un an sans remplir une seule poubelle, c'est le défi que s'est lancé un Bruxellois de 31 ans. Impossible? À voir...

quentinvdv-com-20122015-dsc_4041

Marc Sautelet, 31 ans, aime les défis. À partir du 1er janvier, il va passer un an sans produire de déchet (ou du moins s’en approcher). Il a déjà tenté ce genre d’expérience, en miniature. Quand il vivait en Nouvelle-Zélande, il a par exemple participé deux fois au Plastic Free July (juillet sans consommer de plastique).

Cela fait plusieurs mois que ce trentenaire originaire de Wavre et qui, détail amusant, a jobbé comme éboueur pendant ses études s’intéresse au mouvement « Zéro déchet » (« Zero Waste », en anglais), popularisé chez nous par la Franco-Américaine Béa Johnson (Zéro Déchet, éd les Arènes, 2013). Une pionnière: les déchets annuels de sa famille de quatre personnes tiennent dans un bocal d’un litre! On est loin des 160 kg/an et par Wallon… Pourtant, assure Béa Johnson, sa vie ne ressemble pas à un enfer pavé de sacrifices. Au contraire.

« En fait, cela apporte de vraies joies », dit Marc. Il est ravi quand il trouve une alternative acceptable, voire meilleure que l’original, par exemple en retrouvant le vrai goût du lait, via un des rares fournisseurs qui le propose en bouteille consignée. De même, quand il a découvert le marché bio des Tanneurs, à Bruxelles, il était « comme un gosse ». « Tout heureux d’avoir trouvé ce que je cherchais, avec l’impression d’être à ma place », décrit-il. D’autant que les solutions offertes aux « traqueurs de poubelles » commencent à se multiplier. Dans les magasins BioPlanet (Colruyt), on peut désormais apporter son propre contenant (bocal en verre, Tupperware) pour limiter les emballages. Après « Robuust » à Anvers, un magasin « tout en vrac » vient d’ouvrir à Tournai: La Petite Constance. Chez le fromager, le boucher, il est possible d’expliquer sa démarche, même si certains le regardent « comme un hurluberlu », reconnaît Marc.

Parfois, il y a des frustrations, des dilemmes, reconnaît-il. « C’est inévitable et dans ce cas-là, il ne faut pas en faire une maladie. Zéro déchet, c’et un objectif, mais dans nos pays c’est impossible. Même Béa Johnson ne parvient pas à les éliminer totalement. Il ne faut pas se flageller pour autant. » S’il ne trouve pas d’alternative sans déchet pour un produit, il tente de se passer du produit. Pour l’instant, une des seules choses pour lesquelles il n’a pas trouvé de solution, ce sont ses boîtes de lentilles de contact.

La vitesse de croisière

Un an, c’est long. N’a-t-il pas peur de l’épuisement? « Au début, on est porté par l’enthousiasme et chaque « obstacle » est stimulant. Ensuite, quand on a atteint sa vitesse de croisière, ça n’est même plus un effort. Aujourd’hui, ça ne me viendrait plus à l’idée de prendre un sachet en plastique dans un magasin. Ça ne me manque absolument pas! Une fois que le changement est suffisamment fort dans sa vie, ça n’est plus un effort. » Quand ses amis lui disent que ça doit être une organisation de fou, il répond: « Vous me connaissez: je suis le gars le moins organisé du monde. Alors si j’y arrive, n’importe qui peut y arriver ».

Et quand il sort ou va manger chez des amis, justement? Au café citoyen « Altérez-vous », à Louvain-la-Neuve, où nous l’interviewons, il a par exemple choisi une bière bio au fût, pour éviter les bouteilles et les capsules. Quant aux soupers entre potes, il n’est pas là pour « juger » les autres ou leur imposer ses décisions. Si on lui propose des chips, il sera sans doute ravi d’en manger, vu qu’il n’en aura pas chez lui, anticipe-t-il. Sa sœur lui a déjà promis que quand il viendrait souper, elle ferait attention à limiter les déchets…

Car la démarche de Marc, accessible à tous via un blog et une page Facebook, interpelle son entourage. « J’ai été très étonné du nombre de retours positifs que cela a suscités. Mes colocs, mes amis, ma famille me posent mille questions et me disent que ça leur fait prendre conscience de certaines choses. Je n’ai pas l’ambition de sauver la planète, mais je pense que mes explorations peuvent être utiles à des gens qui s’interrogent ou qui pourraient découvrir que ça existe. Ce n’est pas seulement mon projet, tout le monde peut s’en emparer. »

Plus d’infos: www.wastesidestory.org

Retrouvez notre dossier complet “Pour Demain, ils changent le monde” dans Moustique.

Sur le même sujet
Plus d'actualité