Jean-Luc Reichmann: «La télé, il y a du narcissisme là-dedans»

Décomplexé et jovial, l’ami de midi se livre dans T’as une tache, pistache!, biographie à son image: honnête et sans jugement.

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Animateur ultra-populaire, machine à blagues (plus ou moins drôles, question de goût), machine à audience et roi de la tranche déjeuner sur TF1 avec Les douze coups de midi, Jean-Luc Reichmann revient sur son parcours dans une autobiographie joliment intitulée T’as une tache, pistache! L’occasion de découvrir son parcours professionnel hors du commun (il a longtemps fait office de voix off) mais aussi de lever le voile sur une vie personnelle jonchée d’écueils. Rencontre.

Vous êtes discret sur votre vie privée. Dans ce livre, c’est la première fois que vous vous livrez ainsi…

J-L.R – Je me suis dit que, quitte à ce que les informations circulent, autant qu’elles viennent de moi. Et qu’elles soient avérées. Donc j’aborde le fait que je suis à la tête d’une tribu de six enfants, la surdité de ma petite sœur, mon accident de moto qui m’a plongé dans le coma… Je suis quelqu’un de pudique et, dans ce livre, ce n’est pas le cas. Cela dit, je me suis refusé à en dire trop…

Votre histoire commence par un complexe: votre tache sur le visage…

J-L.R. – Ce n’est pas un complexe, c’est une différence. Je n’ai pas été complexé, j’ai dû apprendre à vivre avec. Après, la question s’est posée: fallait-il l’enlever? La cacher? Ado, je piquais le fond de teint de ma mère avant d’aller en boum. Je me suis cherché et je ne me suis pas reconnu sans ma tache. Donc je l’ai gardée. C’est quelque chose qui m’a accompagné toute ma vie. Je devais le prendre, le digérer et l’accepter. Ce qui est fait, largement. C’est quelque chose qui m’a forgé et cela n’a pas été facile, cela dit. Et en même temps, quand on se rend compte que sa petite sœur est sourde, cette tache n’est plus du tout un problème.

«En télé, on nous demande combien ça rapporte et combien ça va coûter. Et puis on nous demande le concept.»

Dans votre livre, vous revenez sur de nombreux moments clés de votre existence. Si vous deviez citez deux tournants…

J-L.R. – Le tournant, c’est quand on devient père. On se doit de transmettre, ça change tout. Être papa, ça force aussi à une certaine responsabilité. Le deuxième tournant? C’est maintenant. Il faut arriver à déguster l’instant et le détail. Mon accident de moto m’a appris que c’était impératif.  

La suite dans le Moustique du 16 décembre 2015

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