C’était comment Lou Doillon à l’A.B.?

Charme au naturel, voix rauque and roll, folk des grands espaces et sourire en guise de respiration. Oui, on a encore craqué ce lundi à Bruxelles.

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Elle est heureuse Lou Doillon lorsqu’elle quitte la scène de l’Ancienne Belgique ce lundi après une prestation tout en nuances americana. Elle est heureuse et nous aussi. Après la  -bonne- surprise d’un premier album que personne n’attendait d’elle (« Places », 2012 qui lui vaudra notamment une Victoire dans la catégorie « Meilleure interprète féminine »),  la  mannequin, comédienne et accessoirement « fille de » s’est imposée définitivement comme chanteuse avec « Lay Low », paru l’automne dernier.  Et si ce disque réalisé à Montréal avec la complicité de Taylor Kirk, cerveau de la formation freak folk Timber Timbre, a été  accueilli sous les dithyrambes, c’est sur scène qu’il prend sa réelle dimension, tout comme son auteure et  interprète.

Silhouette évoquant la Jane Birkin ex-fan des sixties,  guitare en bandoulière et voix à mille lieues, ouf,  de tous les tics du clan Gainsbourg, Lou est à l’aise avec son public et l’attaque de front. Là où Charlotte G. choisit le tabouret des chansonniers et le murmure, Lou prend le micro à pleines mains,  lance des gestuelles félines, invite le public à danser, et « à se rouler des pelles« , bref à lâcher prise comme elle.  Lou sait se taire quand il le faut, enchaîner ses perles sans le moindre temps mort (Good man, Let me go, Where to start en lever de rideau) et trouver les bons mots, également quand il le faut.  Elle est tellement émue lorsqu’elle avoue avoir attendu cette date bruxelloise avec impatience qu’on la croit sur parole. Sûr que ce n’est pas le genre de truc qu’elle a dû dire à Toulon ou Dunkerque. Elle raconte comme elle a écrit une chanson « un soir où je me sentais super nulle, mais heureusement que j’avais une guitare ». Elle balance des œillades complices à ses musiciens particulièrement bien inspirés. Fait preuve d’une légèreté maîtrisée pour présenter des refrains explorant l’ambiguïté des relations humaines. Se permet des envolées plus rock dignes de Patti Smith (le final de Lay Low) et rappelle de bout en bout qu’elle n’est as tombée dans le folk « parce que c’est à la mode« , mais bien parce qu’elle a ça dans la peau.  Et si elle ne révolutionne rien, elle a e mérite de sortir des clichés et des ambiances plombantes.  Chez Lou, même quand il fait triste dans son petit monde, c’est le soleil qu’on voit par la fenêtre. Merci Lou, merci…

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