FN / NV-A, même combat?

La victoire écrasante de Marine Le Pen nous renvoie-t-elle à nos propres démons?

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Un séisme politique d’une amplitude historique. Dimanche dernier, le Front National a remporté haut la main le premier tour des élections régionales françaises. En tête des suffrages dans six régions sur treize, le bleu marine devient ainsi la couleur préférée des Français avec 28.1% des voix. La grosse claque. Même si tout le monde s’y préparait… Un électrochoc français – voire (anti)européen – qui nous renvoie à nos propres questionnements. D’autant que le programme du FN présente nombre de similitudes avec celui de la NV-A, premier parti belge au pouvoir.

Terreau plus brun que brun

Il sent aussi mauvais des deux côtés de la frontière belgo-française. Si le bleu marine de 2015 prend directement ses racines dans le brun raciste de Jean-Marie Le Pen, la NV-A, on le sait, est née sur les cendres de la Volksunie et intègre de nombreux ex-membres du Vlaams Belang, un parti ouvertement d’extrême droite.

Lexique populiste

Nous vivons «une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique. Certes, il n’y a pas de blindés, pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même.». Ou encore: «Il faut repousser dans les eaux internationales les migrants qui voudraient entrer en Europe.». Marine Le Pen a beau avoir « dédiabolisé » le FN, son lexique, lui, marche bien sur les traces de son père. Surfant sur la vague de l’émotion et de la stigmatisation, cette propension aux petites phrases-choc populistes est également l’une des marques de fabrique des élus NV-A. Exemples – parmi tant d’autres – avec le ministre de l’Intérieur Jan Jambon qui déclare vouloir «nettoyer Molenbeek» ou Théo Francken, secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations, qui parle de la Belgique comme de «la Mecque des délinquants».

Programmes monomaniaques

Immigration, sécurité, régionalisme, rejet des élites politiques traditionnelles,… Bien que la NV-A et le FN tirent souvent sur les mêmes thèmes, les deux partis ne partagent pas forcément le même programme. D’autant que le premier gouverne le pays alors que le second ne contrôle jusqu’ici que des mairies… Les deux formations sont ainsi opposées sur la question de l’Union. Alors que le FN est résolument anti-européen, le parti nationaliste belge prône l’indépendance de la Flandre « dans le cadre européen ». Malgré son opposition à une société multiculturelle… Reste que depuis son accession à la présidence de la NV-A, Bart De Wever en a graduellement modifié le discours, le transformant – en apparence en tout cas – en un parti protestataire plus modéré dont les revendications identitaires et économiques ne tranchent plus radicalement avec celles du CD&V ou de l’Open Vld. Lorsque Marine Le Pen traverse la frontière, elle ne rend d’ailleurs pas visite à De Wever mais bien aux élus du Vlaams Belang. 

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