Adele: chronique d’un triomphe annoncé

Avec “25”, nouvel album best-seller, la chanteuse londonienne rappelle que les règles du jeu du show-business sont faites pour ne pas être respectées. Décryptage d’une anti-méthode...

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La scène se déroule le 4 mars 2008 dans une chambre de l’Hôtel Le Dôme, à Bruxelles. Après nous avoir accordé une interview, Adele, jeune chanteuse britannique que le monde n’a pas encore découverte, nous propose de l’accompagner sur le trottoir du boulevard Anspach “pour en griller une”. Elle a une clope en main, un verre de chardonnay dans l’autre, parle fort, éclate de rire et nous demande de lui conseiller un bar où on sert les meilleures bières belges. La vie est belle. Adele est jeune et tient à profiter de sa première visite promotionnelle dans notre capitale qui se terminera par un concert intimiste de toute beauté au minuscule Club (300 places) de l’Ancienne Belgique. Novembre 2015, Adele est la star que tout le monde attend. Après “19”, après “21”, elle a publié ce 20 novembre son troisième album. L’artiste a vingt-sept ans mais elle l’a intitulé “25”, soit l’âge où elle a commencé de l’enregistrer. Un disque de “réconciliation” sur lequel elle enchaîne les perles pop avec un naturel bluffant. Sans rien révolutionner, Adele signe ici le disque parfait entre chansons gospel, refrains nostalgiques, hymnes amoureux et envolées plus rythmées. Pour rappeler qu’elle a pris son temps, on signalera que “25” accueille une flopée de coauteurs et a été enregistré dans pas moins de douze studios. Adele a arrêté de fumer et se contente désormais “d’un verre ou deux” le week-end. Elle est maman d’un petit Angelo qu’elle protège bec et ongles des médias. Et si on la compare aux grandes divas de la soul, c’est uniquement pour la voix et le talent, mais pas pour les caprices qui vont avec. Car Adele a réussi à imposer une attitude rare où se mélangent fragilité, humilité, discrétion mais aussi détermination. Et on l’aime aussi pour ça.

Décryptage.

Elle a du talent

Adele Laurie Blue Adkins n’est pas arrivée là où elle est par hasard. Elle commence à chanter de manière assidue à l’âge de quatre ans, compose sa première ballade Hometown Glory à l’âge de 16 ans (même si elle ne l’enregistre en single que trois ans plus tard) et suit les cours à la Brit School For Performing Arts And Talents. “Les médias anglais ont rebaptisé cette école la fame academy”, nous expliquait-elle à la sortie de “21” en 2011. “Amy Winehouse, Kate Nash, Katie Melua ou encore Jessie J en sont sorties également. Personnellement, je n’en garde pas un bon souvenir. Je rêvais de m’amuser et d’interpréter la soul ou le blues de mes héros. Mais les profs ont tout fait pour me dégoûter. Le plus drôle, c’est que moi-même, je n’avais pas trop d’ambition. Je me rendais compte que ma voix était un cadeau mais je ne rêvais pas de gloire. Je voulais seulement chanter dans les clubs de Londres.” Pour l’anecdote, on rappelle que lorsque son label XL Recordings sort son premier album “19” en 2008, il espère en vendre 50.000 exemplaires et ne songe même pas à le distribuer hors d’Angleterre.

La suite dans le Moustique du 25 novembre 2015

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