Notre petite soeur

Lumineux, poétique, respectueux des traditions. Le cinéma de Kore-Eda continue sa marche à travers les cœurs.

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Réalisé par Hirokazu Kore-Eda. Avec Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Suzu Hirose – 125′.

Après avoir ému Spielberg aux larmes avec Tel père, tel fils (prix du jury à Cannes en 2013), où les hommes tenaient le haut du pavé, Kore-Eda s’attache cette fois à un tableau quasi entièrement féminin, toujours porté par la merveilleuse photo du chef-op Takimoto Mikiya. Une grande demeure familiale où vivent trois sœurs, Yoshino, Sachi et Chika. Leur père, qui les a abandonnées 15 ans plus tôt vient de mourir, et c’est en marche arrière qu’elles partent assister à ses funérailles. Et là, surprise: elles y apprennent l’existence d’une demi-sœur de 13 ans, Suzu. C’est l’occasion pour le cinéaste de montrer avec tendresse le fossé séparant les filles de la ville et la petite campagnarde. Si Suzu est du genre jupe plissée d’écolière et traditions en bandoulière, ses sœurs, et en particulier Yoshino qui collectionne les hommes et les bières, ont les talons hauts plantés dans la vie moderne. Pourtant, au contact de l’adolescente qu’elles accueillent dans la maison familiale, c’est tout leur monde qui va basculer.

A travers ce très joli film qui questionne les liens du sang, la place dans la famille et le deuil, Kore-Eda tire un portrait touchant du Japon d’aujourd’hui et de ses composantes féminines. Placée sous le haut patronage du cinéma d’Ozu, cette tendre chronique familiale manque un rien d’enjeux pour nous séduire pleinement. Mais elle est un authentique régal pour les yeux et le cœur.

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