Benjamin Maréchal : « Moi, je veux faire de la radio pour le peuple »

Colosse de l’audience, il est la figure phare de VivaCité. Adoré par les uns, critiqué par les autres, son travail rythme le matin des auditeurs à qui il donne la parole pour un Café du Commerce qui bastonne. Conversation à bâtons rompus…

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C’est chez lui, à Bruxelles, qu’il nous accueille avec un sourire grand comme ça. Benjamin Maréchal a de quoi se réjouir. Son émission matinale – C’est vous qui le dites -réalise les meilleures audiences de VivaCité, chaîne la plus populaire de Belgique francophone selon le dernier CIM qui la crédite de 15 % de PDM pour la période d’avril à juin. Pourtant, on a rarement vu une production radio susciter un débat aussi vif, tant chez les auditeurs qu’à l’intérieur de la RTBF. On accuse le journaliste de choisir des sujets polémiques et de faire dériver la parole à l’antenne vers le racisme, le populisme et la xénophobie. Conversation sincère avec celui dont le prochain challenge est de prendre des cours de néerlandais car il a « envie d’être parfait bilingue ».

Les chiffres d’audience de C’est vous qui le dites sont excellents. Cela doit vous faire plaisir…

BENJAMIN MARECHAL – Quand on commence à être sensible aux audiences, chaque fois que les chiffres sont bons, on a l’impression d’avoir gagné un an de plus pour l’équipe et pour soi-même. A chaque fin de saison, on se demande où on va aller. Des bonnes audiences, c’est annonciateur d’une nouvelle saison. Donc je ne vis pas ces chiffres comme un succès personnel mais comme la possibilité de travailler sur cette émission un an de plus.

Mais l’audience c’est quand même une priorité pour vous?

B.M. – Non, les audiences, c’est très bien, mais ma priorité, c’est la rigueur. Je suis presque monomaniaque sur la question: je veux que l’émission soit préparée de manière professionnelle. Ni mes chroniqueurs ni moi-même n’arrivons les mains dans les poches. Le programme représente beaucoup de travail en amont. Quoi qu’on pense de l’émission…

Comment expliquez-vous ce succès?

B.M. – On traite d’informations qui datent du matin même. On n’a pas le temps d’avoir un a priori sur le sujet et, en ce sens, on est sur le même pied que les auditeurs. Et puis, les gens ont bien compris que je ne faisais pas un show personnel mais qu’il y a du travail derrière. Je pense que les auditeurs respectent ça.

« Je garde cette image de mes parents dans leur Clio, quelque part sur l’autoroute, en train de m’écouter. »

 

Il semble que les contenus populaires aient la cote, ces dernières années…

B.M. – Je n’aime pas qu’on utilise le terme « populaire », ça sonne toujours négativement. Je n’aime pas ce que cela pourrait sous-entendre: le niveau général de la société est en train de baisser et mon émission participe au nivellement par le bas de la population. Je pense que les gens aiment parler et entendre parler de sujets qui les touchent directement. On est des gens qui parlent aux gens. Je suis parmi ces gens, c’est pour ça que ça marche. Peut-être que dans quelques années le public ne sera plus demandeur de cela. Pour le moment, c’est le cas.

Vous le savez, votre travail ne fait pas l’unanimité. Ni auprès des auditeurs, ni au sein de la RTBF…

B.M. – Ce qui est amusant, c’est que maintenant qu’on passe sur La Une télé (sur La Deux auparavant – NDLR), je retrouve les mêmes mails d’insultes qu’au tout début de l’émission, il y a six ou sept ans. C’est comme un bain de jouvence. Je me dis que c’est bien, il y a des gens qui nous découvrent (rire). Quant à mon impopularité au sein de la RTBF… Les rumeurs sont vraies… Certains ont le courage de me le dire en face. Certains le font savoir. D’autres s’amusent à l’écouter très attentivement afin de souligner la moindre dérive. Heureusement, je suis soutenu par ma direction, qui a très bien compris ce que je faisais. Cela ne veut pas dire qu’elle dit amen à tout. Mais je suis soutenu. Ça fait un peu lèche-cul de dire ça, mais c’est vrai. Et ça suffit à faire mon bonheur.

Certains vous qualifient de poujadiste…

B.M. – Moi, je veux faire de la radio pour le peuple, je veux parler aux gens. 

La suite ce 10 novembre 2015 dans Moustique

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