Plus assez de Chinois. Émoi, émoi, émoi…

La Chine abandonne la limitation des naissances. En Europe, on ferait bien de suivre le mouvement. 

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C’est une révolution. Pékin autorise désormais l’ensemble des couples chinois à donner naissance à un second enfant. C’en est donc fini de la politique de l’enfant unique, adoptée en 1979. Même assouplie ces dernières années, c’était l’une des mesures les plus emblématiques de la mainmise du parti communiste chinois sur sa population, qui pouvait conduire à la stérilisation forcée en guise de répression. Et provoquer jusqu’à 10 millions d’avortements chaque année. 

C’est aussi la fin d’une certaine vision de l’économie, conforme aux préceptes de l’économiste britannique du 19e, Thomas Malthus: « Une population dans laquelle rien ne vient freiner le comportement matrimonial et sexuel des individus est une population qui demeure constamment misérable ». C’est que la théorie malthusienne ne se vérifie plus vraiment depuis que la révolution industrielle a changé la donne. Aujourd’hui, la population chinoise, qui dépasse le 1,3 milliard d’habitants, pose des difficultés bien plus « modernes »: trop de personnes âgées, pas assez de jeunes pour financer leurs retraites. Malheureusement, indiquent plusieurs démographes, l’abandon de la mesure interviendra trop tard pour inverser la tendance. Avant de devenir prospère, la Chine risque de devenir une gigantesque maison de retraite.

Mais d’autre pays seront victimes du modèle de l’enfant unique… Quand bien même personne ne le leur aurait imposé. Le Japon, pays affichant l’un des taux de natalité les plus faibles au monde, avec 1,39 enfant par femme, est ainsi carrément menacé de dépopulation. On estime que, de 127 millions d’habitants aujourd’hui, la population de l’archipel passera à moins de 50 millions en 2100. Soit le niveau qu’elle atteignait à la fin du 19e siècle!

Paradoxalement, alors que les inquiétudes actuelles concernent surtout la population mondiale maximale que notre planète peut supporter, c’est plutôt un phénomène de dépeuplement qui est à l’œuvre dans nombre de pays développés. Sur le Vieux Continent, par exemple, la Lituanie, la Lettonie et la Bulgarie devraient ainsi perdre respectivement entre un tiers et un sixième de leur population d’ici à 25 ans. Tant mieux pour les ressources naturelles, sans doute, mais sur le plan humain, les conséquences pourraient se révéler très dommageables. Une population en baisse, c’est aussi moins de compétences, moins de main-d’œuvre pour assurer le maintien des infrastructures nécessaires à nos standards de vie. Et la Belgique? Selon Eurostat, nous devrions connaître l’une des plus fortes progressions en Europe au cours du prochain quart de siècle. Et approcher les 14 millions en 2040. Mais surtout grâce à l’immigration.            

 

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