Des bières et des hommes

Dans un recueil gouleyant et joliment illustré, Michel Verlinden est reparti à la découverte des meilleures bières concoctées par les artisans belges. Nous en avons sélectionné huit. Voici leurs portraits. Elles et ceux qui les font.

brasserie_dormaalhof_c_alexandre_bibaut1408

Dans sa préface du livre de Michel Verlinden, Éric Boschman, pourvoyeur hebdomadaire de bons plans gastronomiques pour Moustique, se pose une question: qu’est-ce qu’une bière belge sachant que le monde entier s’essaie aujourd’hui à produire des breuvages au style bien de chez nous? Sachant, aussi, que les ingrédients retenus par nos brasseurs proviennent désormais d’un peu partout dans le monde. Sa réponse? « Il s’agit, comme pour le vin, d’une notion de terroir. Un truc unique au monde qui rend les productions d’ici différentes. Un rapport culturel au goût, un produit qui existe dans notre inconscient collectif. Et le terroir, c’est avant tout de l’homme. Tout le reste n’est que litres et ratures… »

Ces hommes, justement, Michel Verlinden a parcouru le pays du nord au sud et d’est en ouest pour partir à leur rencontre. Un second périple, après un premier tome qui se limitait à la Wallonie et à Bruxelles, qui l’a incité, dit-il en introduction de son livre, à regarder notre pays autrement. Et à l’aimer un peu plus. « Bien sûr, cette histoire d’amour a été facilitée par la météo, c’était le début de l’été. Sous le soleil, la Belgique, dorée comme un petit Lu, se croquait des yeux. Mais sans doute, ce qui m’a le plus touché, c’est l’accueil qu’on m’a réservé en Flandre. »

C’est d’ailleurs écrit en toutes lettres à la fin du bouquin, à titre de remerciements: « Un merci tout particulier aux brasseurs flamands
 qui m’ont tendu des mains incroyablement chaleureuses ».

C’est que, explique l’auteur, les passionnés de l’orge et du houblon regardent au-delà des frontières. Que leurs horizons soient ceux de la tradition centenaire ou de l’innovation, personne ne garde son quant-à-soi. Et tant qu’on parle de frontières, beaucoup des brasseurs rencontrés pour les besoins de ce livre en ont traversé. Plusieurs d’entre eux sont ainsi allés chercher l’inspiration parfois très très loin, en Amérique ou même aux antipodes. Certains ont aussi trouvé dans l’art de la bière une seconde vocation. Dans une autre vie, ils étaient comptable, flic, banquier ou graphiste avant de tomber dans le brassin, quelques-uns alors avaient pourtant la cinquantaine bien sonnée.

« Que souhaiter après cette balade aux quatre vents?, se demande Michel Verlinden. Que tout un chacun prenne le temps de s’interroger sur ce qu’il y a dans son verre. Bien sûr, il est plus simple de boire formaté, marketé, les messages en ce sens défilent à longueur d’écran. Ce serait pourtant une magnifique nouvelle si nous arrivions à sortir du conditionnement publicitaire et à retrouver dans la lumière la vaste palette des produits non standardisés. Il n’y a qu’un risque à cette formidable aventure: l’impossibilité de faire marche arrière. Il est des premières gorgées de bière qui changent une vie. »

Bon à savoir, il est possible de visiter la plupart des brasseries présentées dans cet ouvrage et de rencontrer leurs artisans. Ça pourrait vous changer la vie à vous aussi.

Retrouvez les huit bières artisanales sélectionnées dans Moustique le 4 novembre.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité