Linkebeek, commune à difficultés

La saga du bourgmestre élu, mais non-nommé Damien Thiéry dans la commune à facilités continue avec de nouvelles élections. Pas sûr que ça résolve quoi que ce soit.

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Face au refus du bourgmestre néerlandophone Eric De Bruycker, nommé par la ministre des Affaires intérieures flamande Liesbeth Homans (N-VA), de démissionner, les 13 conseillers communaux francophones ont remis leur mandat. Une façon de soutenir le bourgmestre élu, Damien Thiéry (MR), contesté pour avoir envoyé des convocations électorales en français aux Linkebeekois alors que la commune est en Flandre. Résultat :  les citoyens devraient retourner aux urnes, a priori le 13 décembre. Et après ? Voici 5 scénarios envisageables.  

1. Les francophones affaiblis

Jusqu’ici, tous les partis francophones de Linkebeek se présentaient ensemble aux élections. Ça pourrait changer. Pour cause : Damien Thiéry devrait dorénavant envoyer les convocations électorales en néerlandais. Ce qui déplait au FDF qui, si c’est exact, ne participera plus à la liste commune. Les francophones, désunis, pourraient alors perdre des points, au risque de renforcer les néerlandophones.

2. Ingouvernabilité communale

À moins d’une grosse surprise, Damien Thiéry devrait à nouveau remporter le scrutin. Eric De Bruycker n’entend pas pour autant démissionner. Dans ce cas, à moins qu’il trouve des partenaires pour former une majorité, ce qui est peu probable, la commune serait déclarée en « ingouvernabilité structurelle ». En gros, le bourgmestre nommé serait renversé et les tensions accentuées.

3. Thiéry réélu, mais pas nommé

Eric De Bruycker pourrait toutefois accepter de laisser le maïorat à Damien Thiéry. Ce qui ne règlera pas le problème pour autant. Liesbeth Homans a déjà dévoilé son intention de ne pas le nommer au cours de la législature, donc pas avant… 2018. Le carrousel serait alors remis en marche.   

4. Damien Thiéry renonce

Damien Thiéry pourrait aussi renoncer au poste de bourgmestre et le laisser à un autre francophone qui, lui, serait nommé. Peu de chance que ça arrive puisque Damien Thiéry bénéficie du soutien de son groupe politique.

5. Le Fédéral s’en mêle 

Le Premier ministre pourrait tenter de convaincre la N-VA de trouver un compromis. C’est mal barré. Le gouvernement Michel estime que les discussions doivent se tenir entre la commune et la Région flamande. Ou bien… le Fédéral pourrait introduire une grosse réforme changeant le statut administratif de Linkebeek qui n’est de toute évidence pas adapté à sa réalité sociologique. Mais ça, c’est une autre histoire.

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