Bienvenue chez Delpy

Un fiston trop aimé, un amant un peu plouc, des dialogues grinçants: une comédie réjouissante signée Julie Delpy.

illu_44_cinema

Après les excellents 2 Days In New York et Le Skylab, Julie Delpy se met à nouveau en scène. Cette fois-ci, en gourou de la mode parisienne à la vie amoureuse et sexuelle aussi réjouissante qu’un drink d’entreprise. N’y tenant plus trop, elle force un peu le destin pour susciter le coup de foudre avec un provincial à la fois tendre et benêt (Dany Boon). Mais, souci, le fils de cette quadra (Vincent Lacoste) va essayer d’écarter ce nouveau beau-père en y mettant les grands moyens…

Les univers contraires se côtoient dans Lolo. La crudité toujours bienveillante de Delpy parvient à rendre acceptable la présence iconoclaste de Dany Boon, que l’on ne s’attendait pas à retrouver dans le monde arty et bobo de Julie. Où se croisaient surtout jusqu’alors de vieux routiers de Mai 68 et des New-Yorkais un peu névrosés au flow intarissable. Mais le portrait de cet éternel brave type, qu’incarne Boon depuis Bienvenue chez les ch’tis, colle en fait plutôt bien à la peinture beauf voulue par l’auteur. Quant à l’étiquette du petit con, que Lacoste aime se coller au front depuis Les beaux gosses, elle permet surtout à l’acteur capable d’écarts remarquables (Hippocrate) de se mêler aux affaires des grands avec l’insolence sardonique de sa génération acerbe.

Il manque juste un rien d’audace pour transformer une comédie qui roule en jubilation qui mousse. Mais l’essentiel est atteint: on rit et on s’attache à ce petit monde qui remet en question le statut de l’enfant-roi. Julie Delpy ne doit juste pas oublier qu’un jour, elle s’est écartée brillamment du genre humoristique pour une excellente Comtesse d’une noirceur totale. Et cette Juju-là, on ne veut pas la perdre non plus. 

Réalisé par Julie Delpy. Avec Dany Boon, Julie Delpy, Vincent Lacoste – 99’.

Sur le même sujet
Plus d'actualité